Ce mercredi 25 mars 2026, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a présenté la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement devant le Conseil National de la Transition (CNT). À travers cet exercice inédit sous la Ve République, le chef du Gouvernement a exposé avec solennité les grandes orientations de l’action publique pour les années à venir, posant les bases d’un projet de transformation profonde de la Guinée.
Dès l’entame de son discours, le Premier ministre a souligné la portée historique de ce moment, le qualifiant d’acte fondateur pour la nation guinéenne. Il a inscrit cette prise de parole dans le cadre de la nouvelle Constitution du 21 septembre 2025, marquant ainsi une rupture institutionnelle et politique majeure.
« Il est des instants dans la vie d’une Nation où la parole publique cesse d’être un simple exercice institutionnel pour devenir un acte d’histoire. […] La loi n’est jamais seulement une norme ; elle est l’expression d’un pacte entre un peuple et son avenir. », a-t-il déclaré, donnant le ton d’un discours à forte dimension symbolique et prospective.
Revenant sur la période de transition, Amadou Oury Bah a défendu les acquis obtenus sous la direction du Président Mamadi Doumbouya. Il a notamment mis en avant le retour à l’ordre constitutionnel, mais aussi des performances économiques jugées remarquables. À ce titre, il a souligné la progression significative des recettes publiques, passées de 18 859 milliards GNF en 2020 à 45 000 milliards en 2025, soit une hausse de 139 %, traduisant, selon lui, un renforcement de la capacité financière de l’État.
Dans la même dynamique, le Premier ministre a indiqué que le rebasage du PIB a permis de réévaluer la richesse nationale à plus de 36 milliards de dollars, enregistrant une augmentation de 51,2 %. Une évolution qui vise à mieux refléter le potentiel économique réel du pays et à renforcer sa crédibilité auprès des partenaires internationaux.
Au cœur de cette vision se trouve le programme structurant Simandou 2040, véritable pilier de la stratégie gouvernementale. Présenté comme une ambition sans précédent, ce programme entend transformer en profondeur l’économie guinéenne. Il vise une croissance moyenne de 10,3 % par an et la création de plus de cinq millions d’emplois d’ici 2040.
« Le Programme Simandou 2040 porte une ambition de transformation d’une ampleur inédite dans l’histoire économique de notre pays. […] L’architecture globale du programme comprend 122 mégaprojets et 39 réformes structurantes pour un volume d’investissement estimé à 330 milliards de dollars sur quinze ans », a-t-il martelé, insistant sur l’ampleur et la structuration de cette vision.
Pour concrétiser cette ambition, le chef du Gouvernement a articulé son action autour de plusieurs piliers stratégiques clairement définis.
Le premier concerne les infrastructures et l’énergie, avec un programme massif visant la réalisation de 2 900 km d’autoroutes, 2 500 km de voies ferrées et 5 500 km de routes d’ici 2030. Ce chantier est présenté comme un levier essentiel pour désenclaver le pays et soutenir la croissance.
Le deuxième pilier porte sur le capital humain, considéré comme le socle du développement durable. L’éducation bénéficiera ainsi de 20 % des recettes de la Compagnie du Trans Guinéen (CTG) et de 5 % des revenus miniers, traduisant une volonté de réinvestir les richesses naturelles dans la formation des générations futures.
Le troisième axe est dédié à l’agriculture et à l’agro-industrie, avec 32 mégaprojets représentant 65 milliards de dollars d’investissements. L’objectif est de moderniser durablement le secteur, renforcer la sécurité alimentaire et positionner la Guinée comme un acteur agricole compétitif.
Enfin, la décentralisation constitue un autre chantier majeur. Face à une population estimée à 17 521 167 habitants, dont 61,3 % vivent en milieu rural, le Premier ministre a annoncé une nouvelle phase de territorialisation des politiques publiques, visant à rapprocher l’action de l’État des citoyens et à réduire les disparités régionales.
« Élever la Nation » : une vision centrée sur l’humain
Au-delà des chiffres et des projets, Amadou Oury Bah a insisté sur une conviction profonde : la véritable richesse de la Guinée réside dans son capital humain. Dans un plaidoyer fort, il a rappelé que le développement ne saurait être réduit à l’exploitation des ressources naturelles.
« Je suis convaincu que les nations qui réussissent ne sont pas celles qui possèdent des ressources, mais celles qui savent transformer ces ressources en institutions solides, en capital humain et en prospérité partagée. […] C’est en élevant les femmes et les hommes de Guinée que nous élèverons durablement la Nation elle-même », a-t-il affirmé.
À travers cette déclaration, le chef du Gouvernement dessine une vision ambitieuse, où croissance économique, justice sociale et renforcement institutionnel convergent pour bâtir une Guinée résolument tournée vers l’avenir.

 

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