La monnaie guinéenne pourrait bientôt connaître une évolution majeure. Les autorités monétaires envisagent l’introduction de nouvelles coupures de plus grande valeur, un projet actuellement en examen au sein de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG).

Invité sur la chaîne panafricaine Voxafrica, le Gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba, a confirmé que cette réflexion est bel et bien engagée. Toutefois, il insiste sur un point essentiel : aucune décision ne sera prise sans un large consensus national. Pour lui, la monnaie constitue un lien fondamental entre tous les citoyens, ce qui rend indispensable une démarche inclusive et participative.

“Je pense que c’est la chose qui nous relie le plus. Je ne sais pas s’il y a quelque chose qui est aussi bien partagé par tous les Guinéens que la monnaie. (…) Ça doit faire l’objet d’un débat, ça doit faire l’objet d’un consensus.”

Le Gouverneur affirme que la banque centrale est prête à avancer si la volonté populaire s’exprime clairement. Le projet existe déjà “dans les cartons”, mais il devra être accompagné d’un important effort de sensibilisation, notamment en raison du niveau encore limité d’éducation financière de la population.

“S’il y a un consensus, nous sommes disposés à aller vers des coupures plus grandes. (…) Il faut qu’on fasse preuve de pédagogie parce que nous n’avons pas une population très éduquée financièrement.”

Dr Kaba reconnaît également les perceptions parfois négatives liées à l’introduction de nouvelles dénominations. Il rappelle qu’en 2015, lors de la mise en circulation du billet de 20 000 francs guinéens, certains citoyens associaient cela à un risque d’inflation, malgré l’absence de lien direct avéré.

“Lorsque vous introduisez des plus grandes dénominations, les gens pensent que c’est générateur d’inflation. Même si ce n’est pas vrai, c’est une croyance tenace. En 2015, lorsque le billet de 20 000 est apparu, je peux vous assurer que les dépôts étaient très animés.”

Quant au calendrier, le Gouverneur reste prudent. Il indique que l’avancement du projet dépendra notamment de la tenue de la prochaine élection présidentielle et, surtout, de l’approbation du peuple guinéen.

“On attend que la présidentielle se passe. Et si nous avons l’approbation du peuple souverain de Guinée, nous sommes tout à fait disposés à aller dans ce sens.”

 

Mohamed Amine C