Le poumon économique de la Guinée forestière s’est arrêté de battre. Ravagé par un incendie d’une violence exceptionnelle le 19 juin dernier, le grand marché de N’zérékoré offre désormais un spectacle de désolation. Là où s’animaient quotidiennement des milliers de commerçants et de clients, ne subsistent aujourd’hui que des carcasses calcinées et des décombres.
Ce mercredi 1er juillet 2026, le directeur général de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), Lanceï Touré, a présenté le bilan officiel de cette catastrophe devant les autorités locales, les représentants de l’État et les partenaires économiques. Les chiffres dévoilés illustrent l’ampleur d’un sinistre qui dépasse largement la seule destruction d’infrastructures commerciales.
Au-delà des pertes matérielles, l’incendie plonge des milliers de familles dans une situation de grande précarité. Selon le rapport de l’ANGUCH, 2 916 commerçants ont perdu leur outil de travail et leurs marchandises, compromettant ainsi leurs moyens de subsistance.
Les répercussions s’étendent à 24 698 personnes à charge, qui subissent directement les conséquences économiques et sociales de cette catastrophe. Le rapport souligne également que 57,28 % des victimes sont des femmes, principales actrices du commerce informel et véritables piliers de nombreuses familles dans la région.
L’évaluation technique confirme l’ampleur des dégâts. Au total, 4 342 installations professionnelles ont été touchées ou détruites par les flammes.
Dans le détail, le sinistre a ravagé 3 261 conteneurs, 825 tables de vente, 183 boutiques, 46 magasins et 27 kiosques. Les experts estiment que 79,64 % de l’ensemble du marché a été complètement détruit, tandis que 13,56 % des infrastructures restantes présentent d’importants dommages, compromettant leur utilisation.
Le défi de la reconstruction
Ce bilan met en évidence l’urgence d’une réponse coordonnée pour accompagner les milliers de commerçants sinistrés et leurs familles. Au-delà de l’assistance humanitaire immédiate, les attentes se tournent désormais vers les autorités et les partenaires au développement pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction du principal centre commercial de la Guinée forestière, indispensable à la relance de l’activité économique de toute la région.
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