Les discussions prévues ce vendredi 2 décembre 2026 au sein de l’intersyndicale de l’éducation s’ouvrent dans un climat de fortes tensions internes. L’unité syndicale vole en éclats, minée par de profondes dissensions et des divergences stratégiques marquées entre la FSPE-SNE et le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) sur l’attitude à adopter face au gouvernement.

D’un côté, la FSPE et le SNE optent pour une ligne dure, misant sur la fermeté et la pression pour contraindre les autorités à répondre favorablement à leur plateforme revendicative. De l’autre, le SLECG campe sur une position radicalement différente : pour ce syndicat, il est hors de question de paralyser le système éducatif par une nouvelle grève.
Monté au créneau, le président du SLECG, Aboubacar Soumah, a clairement appelé les enseignants à se désolidariser de tout mot d’ordre de débrayage et à reprendre le chemin des classes dès lundi prochain. Un appel qui tranche avec la posture de ses partenaires syndicaux et accentue les fractures au sein de l’intersyndicale.
Dans un entretien accordé à nos confrères de Mosaïque Aboubacar Soumah a réaffirmé son attachement au dialogue social, estimant que le processus de négociation avec le gouvernement reste ouvert.
« Nous restons dans notre dynamique de syndicat responsable, respectueux des principes qui régissent notre fonctionnement. Il est hors de question pour nous de quitter la table des négociations pour déclencher une grève », a-t-il martelé, rappelant au passage que les cadres du SLECG ont été formés aux techniques de médiation et de résolution pacifique des conflits.
Le leader syndical fonde également sa position sur les acquis déjà engrangés dans les discussions en cours. « Ce que nous appliquons, c’est ce que nous avons appris, conformément à nos statuts. Nous ne pouvons pas abandonner des négociations qui ne sont pas bloquées et qui présentent des avancées », a-t-il souligné.
Depuis le lancement du premier mouvement de débrayage initié par le tandem FSPE-SNE, Aboubacar Soumah affirme avoir toujours maintenu une ligne constante : le refus de la confrontation. Il rappelle avoir instruit ses mandants de ne pas suivre les mots d’ordre de grève, une consigne qu’il renouvelle avec insistance à l’approche de la rentrée scolaire, après plusieurs semaines de congés.
Revenant sur les perturbations enregistrées lors des précédents mouvements, le président du SLECG n’a pas mâché ses mots à l’endroit de ses camarades de la FSPE-SNE. « Lundi, nous demandons à tous les enseignants d’être en classe. Les enseignants ont toujours respecté nos instructions, mais le groupe ayant lancé la grève a utilisé la stratégie du jet de pierres pour déloger élèves et professeurs. C’est cela qui a créé la perturbation, sinon toutes les écoles fonctionnaient normalement », a-t-il dénoncé.
Face à cette situation, Aboubacar Soumah interpelle directement l’État sur sa responsabilité dans la protection du milieu scolaire, condition indispensable selon lui à la continuité des enseignements et à un climat serein de négociation.
« C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités en sécurisant les établissements. Si la sécurité est assurée, les enseignants seront présents », a-t-il assuré.
En conclusion, le président du SLECG a rappelé les priorités de son syndicat dans la suite du processus : l’ouverture des négociations autour de la signature du statut particulier de l’éducation et l’examen de l’ensemble des points contenus dans le mémorandum. « Tant qu’il n’y a pas de blocage, la grève n’est pas une option », a-t-il insisté, réaffirmant ainsi la ligne modérée défendue par son organisation.

 

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