En 2025, dans un pays qui affiche l’éducation comme une priorité dans ses discours officiels, certains villages vivent une réalité glaçante. À Konéyah, un village situé dans la sous-préfecture de Bangouya, préfecture de Kindia, le constat est alarmant. Les élèves parviennent à étudier grâce à l’unique hangar en compagnie d’un seul enseignant. D’ailleurs, il a fallu attendre l’initiative privée d’une ONG pour voir émerger cette toute première école. Jusqu’à récemment, ce village n’avait jamais connu la moindre infrastructure étatique, ni en matière d’éducation, ni de santé, ni d’accès à l’eau potable.
Ce fait, malheureusement pas isolé en Guinée, révèle l’ampleur de l’abandon dont souffrent certaines localités reculées, livrées à elles-mêmes malgré les promesses de l’État.
Face à cette situation, c’est l’ONG “Tous à l’École”, dirigée par Alseny Diallo, natif de la localité de Téné, qui a décidé de poser un acte concret.
Très choquée par l’absence totale d’infrastructures dans le village, notre rédaction a rencontré ce mardi 08 septembre 2025 le président de l’ONG, pour comprendre les motivations derrière cette initiative salvatrice.

« Vous savez, la mission de notre ONG, c’est l’éducation des enfants en milieu rural. Un jour, j’étais de passage à Konéyah en allant à Koundabaléya. Il pleuvait, et j’ai vu de nombreux enfants dehors, sous la pluie. J’ai demandé à une femme s’il y avait une école dans le village, elle m’a répondu non. J’ai dit : ‘Ah bon ?’ Et elle m’a confirmé qu’il n’y avait aucune école. Alors, j’ai dit : ‘Ce n’est pas un problème. Je reviendrai ici, et je vous construirai une école, même si c’est en paille.’ Et c’est ce que j’ai fait », raconte-t-il.
Suite à cet engagement personnel, une école en paillote a été installée, avec un enseignant affecté sur place : M. Bahamadou Bailo, reconnu par les autorités éducatives locales (DPE de Kindia), qui dispense les cours depuis plusieurs années maintenant.
Depuis lors, nous continuons les activités. Konéyah n’a jamais connu une infrastructure étatique depuis son existence. C’est ce constat amer qui m’a poussé à agir. Pourtant, c’est un grand village. La première année, nous avons accueilli plus de 120 enfants. La deuxième année, le nombre a continué à croître », témoigne Alseny Diallo.
Aujourd’hui, alors que l’école s’apprête à entamer sa troisième année scolaire, elle enregistre un effectif de 195 enfants. Un chiffre révélateur de la soif d’éducation dans ce village oublié par les politiques publiques. Mais l’ONG, malgré sa bonne volonté, fait face à des limites financières.
« Jusqu’à présent, les enfants étudient toujours dans cette école en paille. Nous n’avons pas les moyens de construire une école moderne. C’est pourquoi je lance un appel aux personnes de bonne volonté, aux institutions et aux bailleurs de fonds, pour que nous puissions enfin offrir une vraie école aux enfants de Konéyah ».
Ce cas illustre avec douleur une réalité partagée par de nombreuses localités rurales en Guinée, où des milliers d’enfants grandissent sans accès à l’éducation, faute de structures, de routes ou simplement d’intérêt politique.
En attendant une réponse des autorités, c’est la société civile qui continue de porter à bout de bras l’avenir de ces enfants.









