Après la levée de sa suspension par le conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, la Guinée s’acquitte de ses obligations financières. C’est du moins l’information donnée par son chef de la diplomatie.
Selon Dr Morissanda Kouyaté, la Guinée, pays fondateur de l’ex-Organisation de l’unité africaine, a marqué son grand retour en payant cash 6 millions de dollars au titre de ses arriérés de cotisation.
« C’est vrai, on peut parler, on peut discuter, mais quand on appartient à une organisation comme l’Union africaine, on ne peut pas venir parler du panafricanisme sans parler de l’autonomie financière, la capacité de se porter en charge soi-même. C’est pourquoi la Guinée, en retournant au sein de l’Union africaine, j’ai dit que nous n’étions jamais sortis de la maison mais nous étions sur la véranda à cause de la transition. Mais en rentrant dans la chambre, nous avons payé tous nos arriérés, 6 millions de dollars cash, pour montrer le chemin, pour dire que si on doit porter la voix, on doit aussi porter la capacité économique et financière de notre organisation. », a-t-il déclaré au micro de nos confrères de Mosaïqueguinee.com
Un geste hautement symbolique dans un contexte où la question du financement des institutions continentales revient avec insistance dans les débats. Depuis plusieurs années, l’Union africaine plaide pour une plus grande autonomie budgétaire afin de réduire sa dépendance aux partenaires extérieurs. Les arriérés de cotisations de certains États membres fragilisent régulièrement son fonctionnement et alimentent les critiques sur la cohérence entre discours souverainiste et pratiques budgétaires.
Pour Conakry, ce paiement sonne comme un signal politique : celui d’un retour assumé dans le concert continental après la période de transition qui avait conduit à sa suspension. En rappelant que la Guinée n’était « pas sortie de la maison » mais simplement restée « sur la véranda », le chef de la diplomatie insiste sur la continuité de l’engagement panafricain du pays, tout en reconnaissant implicitement la parenthèse institutionnelle.
Le 39ème sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba est d’ailleurs rehaussé de la présence, pour la première fois, du président Mamadi Doumbouya, près d’un mois après son investiture. Une apparition qui, au-delà du protocole, vise à inscrire la transition guinéenne dans un cadre continental normalisé et à réaffirmer sa place autour de la table des décisions africaines.
Reste à savoir si ce retour financier marquera aussi le début d’un engagement durable et régulier. Car au-delà du chèque ponctuel, c’est la constance dans la contribution et la participation active aux réformes institutionnelles qui donneront toute sa portée au discours sur l’autonomie et la responsabilité collective.
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