Le Mali a emboîté le pas au Niger en annonçant son retrait de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), une décision officialisée ce mardi 18 mars 2025 par le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, à travers une note adressée au gouvernement français via le Quai d’Orsay.
Depuis la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) en 2019, le Mali traverse une période de transition dirigée par les militaires, avec à sa tête le Général Assimi Goita. Au cœur de cette décision, Bamako reproche à l’OIF son comportement qu’il juge inapproprié et partial, notamment en raison de l’application sélective de sanctions depuis le début de la transition. Le gouvernement malien considère que l’Organisation, au lieu de soutenir les aspirations légitimes du peuple malien, a montré un mépris pour la souveraineté du pays.
Une rupture marquée par des sanctions sélectives
Dans la note adressée à la France, présidente actuelle de l’OIF, le Mali affirme que depuis le début de la transition, l’OIF n’a pas respecté ses engagements envers le pays. « Depuis l’avènement de la transition, l’OIF, au lieu d’accompagner le Mali dans la réalisation des aspirations légitimes de son peuple, s’est illustrée par l’application sélective des sanctions et le mépris pour la souveraineté du Mali », souligne le gouvernement malien. Cette décision de retrait est un acte symbolique fort, manifestant une rupture définitive avec l’organisation.
Un mouvement régional : le Niger montre la voie
Le Mali devient ainsi le troisième État membre de l’Alliance des États Sahéliens (AES) à quitter l’OIF en moins de 48 heures, après le Niger qui a ouvert le bal le jour précédent. Bamako, tout en justifiant son retrait, rappelle qu’il a toujours montré son attachement aux idéaux de la Francophonie, mais estime aujourd’hui que l’OIF est incompatible avec les principes constitutionnels qui guident son action, fondés sur la souveraineté de l’État et la défense des choix souverains du peuple malien.
Le cadre légal du retrait
Conformément à l’article 10 de la Charte de la Francophonie, le Mali notifie officiellement sa décision de retrait de l’OIF. Ce geste marque un tournant dans les relations entre l’Organisation et certains pays africains, à l’heure où des tensions diplomatiques croissantes apparaissent sur le continent.
Une réaction mitigée de l’OIF
La porte-parole de l’OIF, Oria Vande Weghe, a exprimé sa préoccupation à la suite du retrait du Niger, et a souligné que, bien que déplorable, l’OIF se doit de respecter la souveraineté de ses États membres, même si cette décision pourrait avoir des conséquences à long terme sur l’organisation.
Le retrait du Mali renforce donc les tensions entre certains pays africains et les institutions issues de la colonisation, et pourrait bien préfigurer une reconfiguration des alliances diplomatiques sur le continent.
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