Après plus de trois années passées derrière les barreaux, l’ancien ministre de l’Éducation nationale et de l’Habitat, Ibrahima Kourouma, a regagné son domicile ce mercredi en début de soirée. Une libération qui fait déjà grand bruit dans les sphères politiques et judiciaires guinéennes.
Selon des informations obtenues auprès de son entourage, l’ancien membre du gouvernement est arrivé chez lui dans une atmosphère mêlant émotion, soulagement et discrétion. « Il a retrouvé les siens », confie une source proche du dossier. Une image forte pour celui qui aura passé plus de trois ans en détention à la Maison centrale de Conakry.
La libération de Dr Kourouma intervient après une décision de relaxe prononcée la semaine dernière par la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Une juridiction devenue centrale dans la lutte contre la corruption et les crimes économiques en Guinée.
Pour ses avocats, il ne s’agit ni d’une faveur ni d’un arrangement politique, mais d’une stricte application du droit.
Me Almamy Samory Traoré, l’un de ses conseils, n’a pas caché sa satisfaction. Il parle d’une « libération de droit », insistant sur le respect des procédures légales.
« Dr Ibrahima Kourouma a été libéré, il est rentré à la maison. Nous nous réjouissons de sa libération effective, qui est de droit parce que c’est ce que prévoit la loi. C’est juste la loi qui a été appliquée », a-t-il déclaré.
Hommage appuyé au nouveau Garde des Sceaux
L’avocat a également salué l’attitude du nouveau ministre de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara, qu’il félicite pour avoir, selon lui, placé les droits de l’Homme au cœur de son action.
D’après Me Traoré, la saisine du chef du département de la Justice aurait joué un rôle déterminant :
« Nous considérons que c’est la saisine du chef du département de la justice qui a mis les droits de l’homme au centre de ses préoccupations. Il ne pouvait pas rester insensible à la demande légitime et légale que nous lui avons adressée. »
Une déclaration qui alimente déjà les débats : s’agit-il d’un signal fort en faveur d’une justice plus attentive aux droits fondamentaux, ou d’un geste à forte portée politique dans un contexte national sensible ?
Accusé dans le cadre de dossiers liés à la gestion des deniers publics, Dr Kourouma aura passé plus de trois ans en détention préventive. Une durée que ses soutiens jugeaient excessive. Sa relaxe par la chambre des appels vient donc rebattre les cartes, tant sur le plan judiciaire que politique.
Cette libération pose désormais plusieurs questions :
D’autres dossiers emblématiques connaîtront-ils le même dénouement ?
La CRIEF entre-t-elle dans une nouvelle phase ?
Assiste-t-on à un rééquilibrage entre lutte contre la corruption et respect strict des garanties procédurales ?
Une chose est sûre : le retour à domicile de Dr Ibrahima Kourouma dépasse le simple fait divers judiciaire. Il marque peut-être un moment charnière dans l’évolution du paysage politico-judiciaire guinéen.
L’opinion, elle, reste suspendue à la suite des événements.
Aboubacar Moussa Camara
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