Les récents mouvements de soutien à la candidature du président de la transition, Mamadi Doumbouya, suscitent une forte réaction dans le milieu politique guinéen, notamment du côté du parti BL, dirigé par Dr Faya Milimouno. Ce dernier, dans une déclaration faite ce lundi 24 février 2025 à Mosaiqueguinee.com, a annoncé son intention de porter plainte contre les promoteurs de cette campagne. Selon lui, ces activités relèvent d’une « campagne déguisée » et enfreignent plusieurs principes fondamentaux de la transition.

Dr Faya Milimouno met en avant plusieurs violations de la loi et de la Charte de la transition. Il souligne que l’implication des fonctionnaires et des véhicules de l’État dans cette campagne constitue un abus de pouvoir. Selon lui, ces fonctionnaires, financés par les contribuables, ne devraient pas être utilisés pour des activités politiques, mais se concentrer sur leurs missions officielles. De plus, il affirme que la charte de la transition interdit à tout membre du CNRD, du gouvernement ou du CNT de se présenter comme candidat tant que le cadre juridique pour les élections n’est pas encore établi, notamment l’adoption d’une nouvelle constitution, l’élaboration du fichier électoral et la mise en place des organes électoraux.

Milimouno évoque également une forme de démagogie dans ces mouvements de soutien, qu’il considère comme une distraction face aux enjeux réels du pays. Il critique le manque de progrès concret sur des sujets cruciaux, comme la refondation de l’État, la gestion des ressources naturelles (notamment Simandou 2040), et les nombreux défis sociaux et politiques, y compris les disparitions tragiques de figures emblématiques telles que Sadiba, Célestin, et Foniké Menguet.

Le leader du parti BL incite donc la justice à jouer pleinement son rôle pour remettre de l’ordre face à ce qu’il considère comme une dérive. Il annonce que son mouvement est prêt à se battre pour que ces pratiques cessent et pour la restauration d’une gouvernance transparente et respectueuse de la loi.

L’initiative de Dr Faya Milimouno s’inscrit dans une dynamique de contestation face aux dérives politiques observées depuis la prise du pouvoir par le CNRD. La question de l’usage des ressources publiques à des fins politiques est au cœur de ses préoccupations, mettant en lumière les tensions entre la gouvernance actuelle et les principes démocratiques fondamentaux. Les accusations de campagne prématurée, avant même la mise en place d’un cadre électoral, soulignent le malaise et la méfiance croissante de certains acteurs politiques et citoyens vis-à-vis de la transition en cours.

 

En parallèle, la critique sur la gestion des affaires publiques et les drames humains survenus depuis le coup d’État met en évidence un climat de frustration au sein de certaines franges de la population, qui attendent des actions concrètes plutôt que des discours ou des promesses. Ce contexte, avec ses implications juridiques et sociales, pourrait bien redéfinir les rapports de force politiques en Guinée dans les mois à venir.

 

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