Les autorités béninoises ont émis, le 12 décembre 2025, un mandat d’arrêt international contre l’influenceur panafricaniste Kemi Seba, accusé d’avoir soutenu publiquement une tentative de coup d’État survenue le 7 décembre et finalement déjouée. Au moment où des mutins annonçaient à tort la chute du président Patrice Talon, Kemi Seba avait diffusé une vidéo saluant « le jour de la libération » du pays.
Poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion, l’activiste, suivi par 1,5 million d’abonnés, est actuellement introuvable. La tentative de putsch a échoué grâce à l’intervention de l’armée béninoise, avec l’appui d’alliés nigérians et français ; plusieurs militaires ont été arrêtés, tandis que le meneur est toujours en fuite.
Figure controversée, Kemi Seba (Stellio Gilles Robert Capo Chichi) est connu pour ses positions anti-occidentales, son soutien aux régimes militaires du Sahel et ses liens présumés avec le groupe paramilitaire russe Wagner, objets d’enquêtes en France. Déchu de la nationalité française en 2024, il bénéficie d’un passeport diplomatique nigérien.
Dans un climat politique tendu à l’approche de la présidentielle d’avril, l’affaire s’inscrit dans un contexte de répression accrue de l’opposition : un autre opposant serait visé par un mandat, et l’ex-ministre Candide Azannaï a été interpellé. Si Patrice Talon est reconnu pour ses résultats économiques, ses détracteurs dénoncent un virage autoritaire, alors que son dauphin apparaît favori dans un scrutin où l’opposition est largement absente.
Avec l’AFP









