Réunie ce samedi 31 janvier 2026 à Kindia, la Directrice générale des Élections, Madame Camara Djenabou Touré, a levé le voile sur la stratégie qui guidera les prochaines échéances électorales du pays. Entre réformes des modes de scrutin, contraintes juridiques et calendrier serré, la Guinée s’engage dans un processus électoral d’envergure, décisif pour la consolidation de l’ordre constitutionnel. Une planification technique déjà bouclée, désormais suspendue à l’arbitrage du Chef de l’État.

« Pour la suite du processus, nous avons des élections à organiser : les législatives, les communales, les régionales et ensuite les élections sénatoriales. Nous allons nous conformer aux dispositions du Code électoral adopté le 27 septembre 2025. Nous avons travaillé sur le tableau de bord juridique et élaboré un projet de chronogramme qui sera présenté au Président de la République, qui fixe les dates des élections. Dans ce tableau de bord juridique, nous avons relevé tout ce qui est délais légaux : J-90 pour la fixation de la date, J-60 pour la convocation du corps électoral. Il y a des délais légaux incompressibles pour le dépôt des candidatures », a explique madame Camara Djenabou Touré avant de poursuivre

« Il faut comprendre que la Guinée va désormais adopter un nouveau mode de scrutin. Cette fois-ci, il y aura des scrutins uninominal et plurinominal. C’est-à-dire que certaines circonscriptions auront deux, trois, voire quatre députés, en fonction de la population et de la superficie du territoire, selon une formule établie avec l’appui de l’Institut national de la statistique. Il y a un tableau clairement défini dans la loi pour encadrer ce processus », a-t-elle annoncé.

Sur le plan pratique, Madame Camara Djenabou Touré a annoncé une mesure de facilitation pour les citoyens ayant égaré leurs documents électoraux, ainsi qu’un rappel sur la gestion des bureaux de vote : « Pour les électeurs ayant perdu leur carte d’électeur, on a l’identification de ces électeurs ainsi que la production des duplicatas. La loi dit qu’il faut payer, mais nous allons prendre une décision pour rendre cela gratuit. Cela se fera à J-40 du scrutin. Pour la désignation des membres des bureaux de vote, conformément à la loi, les délais seront d’environ 90 jours à compter de la fixation de la date du scrutin. »

L’architecture électorale se poursuivra par les échelons locaux et régionaux, condition préalable à la mise en place du futur Sénat. La DGE a précisé le caractère indirect de certains de ces scrutins. « Les élections régionales sont des élections de grands électeurs. Les électeurs qui voteront pour une liste, ce sont les conseillers communaux élus, qui éliront à leur tour le conseil régional. Une fois qu’on a les conseillers régionaux, on passe aux élections sénatoriales. Pour les élections sénatoriales, un tiers des sénateurs est désigné par le Président de la République qui choisit des personnalités reconnues pour leur probité, leur compétence, leur expérience et leur patriotisme. Le reste se fera par vote », a-t-elle expliqué.

Elle de préciser : « Il faut attendre l’installation des conseillers communaux, puis celle des conseillers régionaux, avant d’organiser les élections sénatoriales. C’est très important, cela veut dire qu’on a encore du chemin à parcourir. » Ci-dessous le résumé des innovations et délais clés :

Mohamed Mazid Camara correspondant Kindia