Le retour du « KPS 24 », navire énergétique de 110 MW, dans les eaux guinéennes s’explique par une panne technique du bateau Karpowership (KPS), initialement arrivé en février 2025 avec une capacité de 150 MW. Deux de ses groupes électrogènes étant hors service, la production d’électricité est réduite, mettant en péril la stabilité du réseau et risquant de provoquer des coupures d’électricité dans les foyers. Le ministère de l’Énergie a déjà mis KPS en demeure, exigeant une réparation rapide sous peine de sanctions. La situation révèle des manquements contractuels de l’entreprise, qui doit impérativement rétablir sa capacité initiale pour éviter des perturbations majeures.

Une défaillance technique affectant deux groupes électrogènes du navire KPS 5 a en effet engendré une réduction de 20 MW, compromettant ainsi la stabilité de l’approvisionnement énergétique”, précise le ministère de l’Énergie dans une note transmise à Africaguinee.com ce dimanche 16 mars 2025.

Dans l’urgence et sous la menace de sanctions contractuelles, KPS a dû affréter un second navire, le KPS 24, d’une capacité de 110 MW. Déjà ancré dans les eaux guinéennes, il est en cours de raccordement.

Ce redéploiement, intégralement financé par l’opérateur privé, inclut non seulement les coûts d’exploitation et d’intégration au réseau, mais également les taxes et redevances afférentes”, précise le ministère de l’Énergie.

Alors que le gouvernement guinéen pensait avoir sécurisé l’approvisionnement en électricité dans le Grand Conakry, cette panne est perçue comme un manquement grave de la part du partenaire.

Toutefois, le gouvernement guinéen, ferme dans l’application rigoureuse de ses obligations contractuelles, n’entend pas supporter le moindre surcoût lié à cette situation. L’État n’ayant contracté que pour un seul navire de 150 MW, toute mesure corrective incombe exclusivement à KPS”, ajoute la note du ministère.

Parallèlement, un audit technique indépendant est en cours afin d’évaluer l’ampleur réelle de la panne sur KPS 5, d’en garantir une réparation transparente et d’anticiper la viabilité à long terme du dispositif.

Si cette initiative permet de stabiliser la desserte en électricité, le gouvernement reste résolument tourné vers le mix énergétique et la construction de centrales afin de sortir définitivement de cette solution temporaire.

Selon le ministère, entre le barrage hydroélectrique d’Amaria (300 MW), les micro-barrages de Keno et Loffa, ainsi que le déploiement de centrales thermiques et solaires, la Guinée ambitionne d’atteindre une souveraineté énergétique durable, conjuguant pragmatisme contractuel et vision stratégique de long terme.

Nous ambitionnons qu’à la fin de l’année, la Guinée sorte définitivement du déficit énergétique et devienne, au contraire, un pays capable d’exporter de l’énergie”, déclarait le Premier ministre Amadou Oury Bah, lors d’une conférence de presse début mars.