Pour la première fois depuis le début des tensions liées à la raréfaction des billets de banque en Guinée, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Karamo Kaba, est sorti de son silence. En marge d’une réunion de haut niveau organisée par le Fonds Monétaire International (FMI), ce mercredi 2 juillet 2025, il a tenu à clarifier la nature réelle des difficultés financières que traverse le pays. Balayant les rumeurs d’un effondrement du système bancaire, il affirme : « Nous n’avons pas de crise de liquidité en Guinée. Nous avons une crise de billets. » Une nuance importante, alors que les Guinéens peinent à accéder à leur argent liquide dans les agences bancaires.

« Les mots ont un sens, et c’est important de bien nommer les choses. J’ai commencé mes études en médecine, et on m’a appris qu’un bon diagnostic commence par une bonne définition du problème.
Nous n’avons pas une crise de liquidité en Guinée. Nous avons une crise de billets.

Aujourd’hui, une personne bancarisée, qui opère dans les circuits électroniques ou numériques, n’a pas de difficulté à faire ses transactions. Le problème vient du fait que notre économie utilise encore trop de cash, alors que la Banque centrale dispose temporairement de moins de billets physiques.

Grâce au travail du Premier vice-gouverneur, nous avons engagé des discussions avec les fabricants de billets. Ils vont accélérer les livraisons. Dès le mois d’août, nous recevrons 500 milliards GNF en nouveaux billets. En septembre, plus de 1 500 milliards seront livrés. En octobre, nous attendons 600 à 700 milliards supplémentaires.

Nous mettons tout en œuvre pour résoudre ce problème. Je tiens à rassurer la population : ce moment est difficile, mais tout le monde sera payé. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de problème. Il y a une tension temporaire. Mais nous allons franchir cette étape. », a-t-il déclaré

A M C