
Le général Amara Camara a justifié cette série de révocations par des manquements graves au Code minier, soulignant la volonté du chef de l’État d’assainir en profondeur un secteur jugé opaque.« Les mines étaient devenues en Guinée quelque chose de très bien connu pour le Guinéen, mais on ne savait pas clairement quel était l’état de notre cadastre. Un travail de toilettage a été effectué depuis quelque temps, et ce sont ces résultats-là que vous commencez à voir », a déclaré le ministre.
Il a rappelé que deux premiers permis, ceux de Kébo et Guiter, avaient été retirés pour non-respect du Code minier. Une décision symbolique, car ces permis avaient été accordés par le CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement) sous l’ère du général Mamadi Doumbouya.« Pour donner l’exemple, le président a commencé par retirer les deux premiers permis qu’il avait lui-même attribués. Ensuite, le travail d’assainissement a continué, touchant 51 permis d’exploitation industrielle et semi-industrielle », a-t-il précisé.
Le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Selon le général Camara, une centaine de permis de recherche ont également été annulés, et près de 90 autres sont en voie d’être retirés pour être placés dans ce qu’il a appelé la “réserve stratégique de l’État”.« C’est pour permettre à l’État de voir plus clair dans ce qui se passe dans la Guinée profonde, surtout dans nos terres, car ce sont nos richesses. Il faut que les richesses qui appartiennent à la Guinée profitent à tous les Guinéens », a-t-il affirmé.« En les mettant dans la réserve stratégique de l’État, un travail sera fait pour que ces permis soient attribués aux meilleurs investisseurs, et que, conformément au Code minier, tous les projets soient développés dans l’intérêt de la Guinée et des Guinéens. »
Interrogé sur les conséquences sociales de ces décisions, notamment la perte d’emplois dans les zones minières, le ministre s’est voulu rassurant, bien que prudent sur les détails.« Nous sommes pleinement conscients que le retrait de ces permis entraîne la suppression de nombreux emplois, ce qui affecte directement des familles. Cependant, des mécanismes sont en train d’être mis en place afin de réorienter les personnes concernées », a déclaré le général Camara.« À ce stade, il est prématuré d’en dévoiler les détails, mais soyez assurés que des mesures concrètes seront prises. »
Cette opération, présentée comme une mesure « courageuse », marque un tournant dans la gestion des ressources naturelles en Guinée. Elle vise à renforcer la transparence, améliorer la gouvernance minière, et attirer des investissements responsables.
Reste à voir comment le secteur privé et les partenaires internationaux réagiront à ce changement de cap, qui s’inscrit dans la volonté affichée du régime de rompre avec les pratiques opaques du passé.
Alpha Soumah









