« Personne ne sera épargné ! » Le nouveau Procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Charles Wright, a donné le ton de son mandat avec une déclaration sans équivoque. À l’occasion de sa prise de fonction ce jeudi 9 avril 2026, il a levé le voile sur une stratégie offensive visant à intensifier la lutte contre la corruption en Guinée.
Dans une démarche qui se veut à la fois dissuasive et participative, il a annoncé la mise en place d’un numéro vert (627 97 17 17), désormais accessible à tous les citoyens pour dénoncer les pratiques illicites. Une initiative qui traduit sa volonté de faire de chaque Guinéen un acteur clé dans la traque des infractions économiques et financières.
Se présentant comme le garant d’une justice implacable, le nouveau patron des poursuites de la CRIEF a averti que plus aucun statut ne protégera les contrevenants. « Aucun privilège, qu’il soit ministériel ou judiciaire, ne fera obstacle à la loi », a-t-il martelé, promettant une rupture nette avec les pratiques du passé.
Dans un discours empreint de fermeté, Charles Wright a dressé un constat sans concession : la corruption s’est profondément enracinée dans toutes les couches de la société, y compris au sein même de l’appareil judiciaire. Selon lui, cette réalité est incompatible avec les ambitions de développement du pays dans le contexte post-transition.
« La corruption, c’est un poison qui a beaucoup d’adeptes. C’est dans toutes les maisons : la justice, l’administration publique, l’administration privée. Ne soyez pas surpris demain qu’un ministre actuel ou qu’un magistrat passe à la CRIEF. Personne ne sera épargné », a-t-il insisté, réaffirmant sa détermination à aller au bout de cette mission « dans la légalité ».
Dans un geste symbolique fort, le procureur spécial a annoncé qu’il entamera cette croisade par lui-même. Il s’est engagé à rendre public son patrimoine dès le début de la semaine, se conformant ainsi aux exigences légales en matière de transparence.
« Je déposerai ma déclaration de biens parce que la loi l’exige. Je commencerai par moi-même. La loi est plus forte que nous tous. Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il déclaré, appelant à un sursaut d’exemplarité au sommet de l’État.
Mais au-delà des intentions, c’est aussi le fonctionnement interne de la justice que Charles Wright a vivement critiqué. Il a dénoncé sans détour le monnayage des décisions judiciaires, un fléau qu’il considère comme un frein majeur au développement du pays.
« Pour obtenir une décision de justice, parfois, vous êtes obligé de payer. […] Le mal est d’abord dans ma propre maison de justice », a-t-il reconnu, appelant ses collègues magistrats à une prise de conscience collective.
En activant le numéro vert 627 97 17 17, le procureur spécial instaure une nouvelle ère où la vigilance citoyenne devient un levier central de la moralisation publique. Les prochains jours, a-t-il prévenu, permettront de juger de la sincérité et de l’efficacité de cet engagement sans précédent.
Une chose est sûre : avec cette déclaration de guerre ouverte à la corruption, le ton est donné et les attentes sont désormais immenses.
AMC









