Le gouvernement guinéen franchit une nouvelle étape dans sa lutte contre la pollution plastique. À travers un arrêté conjoint signé le 10 septembre 2026 par quatre départements ministériels, les autorités précisent les modalités d’application, de contrôle et de certification du décret du 21 septembre 2024 interdisant la fabrication, l’importation, la détention en vue de la commercialisation et l’utilisation de plusieurs emballages et objets plastiques à usage unique sur l’ensemble du territoire national.
Le contenu de cet arrêté, particulièrement détaillé, a été lu ce samedi pendant près d’une heure par le ministre porte-parole du Gouvernement, Faya François Bourouno.

Le texte cible notamment les sacs de caisse jetables, les sachets utilisés pour le conditionnement de l’eau, des boissons et des jus, les pailles et agitateurs, ainsi que la vaisselle jetable, les gobelets et les barquettes en polystyrène expansé.
Le gouvernement interdit également tout déversement, rejet, dépôt sauvage ou immersion de ces produits dans les réseaux d’assainissement, les cours d’eau, les plans d’eau et les espaces publics.
Certaines utilisations restent toutefois autorisées pour des besoins jugés spécifiques, notamment dans les secteurs médical, militaire et agricole, ainsi que pour le ramassage des ordures ménagères. Les bouteilles en résine PET et le filmage de sécurité des bagages dans les aéroports et les gares figurent également parmi les usages concernés par les dérogations.
Ces exceptions sont cependant strictement encadrées. Les professionnels concernés devront obtenir une attestation de destination délivrée par le ministère en charge de l’Environnement, valable un an et renouvelable.
Les unités industrielles implantées en Guinée devront désormais établir un cahier des charges annuel, approuvé par le ministère de l’Industrie et validé par les services de l’Environnement.
L’importation de matières premières telles que les granulés, polymères et résines sera également soumise à un avis technique environnemental et à une autorisation préalable du ministère du Commerce.
Pour les produits finis autorisés ou présentés comme biodégradables, un certificat de conformité valide, délivré par un organisme accrédité, sera exigé.
Le dispositif prévoit enfin un renforcement de la coordination entre les services de l’Environnement, du Commerce et des Douanes. Aucune mainlevée ou sortie de marchandises ne pourra être accordée sans la présentation des documents réglementaires requis, notamment l’autorisation d’importation et de mise sur le marché, l’avis technique environnemental et les documents DDI/DDE.
Avec cet arsenal réglementaire, le gouvernement entend réduire l’entrée et la circulation des emballages plastiques non conformes, renforcer la traçabilité des produits et accélérer la transition vers des alternatives plus respectueuses de l’environnement.
La nouvelle réglementation marque ainsi une volonté affichée des autorités guinéennes de passer de l’interdiction de principe à un dispositif de contrôle plus strict, allant de la production et de l’importation jusqu’à la commercialisation et à l’utilisation.
Ledenonciateur224.com









