C’est désormais officiel, et le message est sans équivoque. Les présidents et membres des délégations spéciales actuellement en fonction devront faire un choix clair : rester en poste ou se lancer dans la course électorale. Impossible de concilier les deux.
À l’approche des élections communales et législatives prévues le 24 mai 2026, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a tenu à rappeler, avec fermeté, les règles du jeu. Dans une note adressée aux gouverneurs de région, préfets et sous-préfets, le département dirigé par le Général Ibrahima Kalil Condé insiste sur l’incompatibilité stricte entre les fonctions exercées au sein des délégations spéciales et toute candidature à ces scrutins.
« Dans le cadre de l’organisation des élections communales couplées aux législatives, prévues le 24 mai 2026, le MATD rappelle aux présidents et membres des délégations spéciales que l’exercice de leurs fonctions est incompatible avec toute candidature auxdites élections, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur », précise la note officielle.
Derrière ce rappel, se dessine une volonté affichée d’encadrer plus strictement le processus électoral. En obligeant les responsables locaux à quitter leurs fonctions avant de se porter candidats, les autorités entendent éviter toute confusion des rôles, voire tout avantage lié à une position administrative.
Autrement dit, il ne sera plus possible d’utiliser son statut pour peser dans la compétition électorale. Une mesure qui vise, en filigrane, à garantir un minimum d’équité entre les candidats.
Mais la démission ne suffit pas à elle seule. Le ministre précise qu’elle doit impérativement être accompagnée d’un rapport de gestion, une exigence qui renforce la logique de redevabilité.
Dans les détails, la procédure est clairement encadrée :
-la démission doit être formalisée par écrit
-elle doit être transmise à l’autorité de tutelle
-elle doit être accompagnée d’un rapport retraçant la gestion du mandat
Cette étape apparaît comme un mécanisme de contrôle, permettant de faire la lumière sur la gestion des affaires publiques avant toute ambition électorale.
Le calendrier, lui, est serré et ne tolère aucun retard. Les concernés ont jusqu’au 27 mars 2026 pour déposer leur démission et formaliser leur candidature.
Passé ce délai, la sanction est sans appel : toute personne n’ayant pas respecté cette obligation sera automatiquement déclarée inéligible pour le scrutin du 24 mai.
Au-delà de la mesure administrative, cette décision met les responsables locaux face à leurs responsabilités. Elle les oblige à trancher entre continuité institutionnelle et ambition politique.
Dans un contexte où la confiance dans les processus électoraux reste un enjeu majeur, ce rappel du MATD pourrait bien constituer un test de crédibilité pour les acteurs locaux — mais aussi un signal adressé à l’opinion publique sur la volonté de renforcer les règles du jeu démocratique.
Une chose est sûre : à quelques semaines des élections, le ton est donné — et il ne laisse aucune place à l’ambiguïté.
Ledenonciateur224.com









