À un mois de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, la Cour suprême de Guinée a lancé ce jeudi 27 novembre à Conakry un atelier de renforcement des capacités sur le contentieux électoral, destiné à ses magistrats et greffiers. Organisée avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), cette session vise à préparer l’institution à jouer pleinement son rôle dans ce scrutin historique, qui doit marquer le retour du pays à l’ordre constitutionnel après plusieurs années de transition militaire.
Dans son allocution d’ouverture, le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a souligné le caractère crucial de ce rendez-vous électoral et l’importance de la rigueur dans le traitement des futurs litiges électoraux.
Il a d’abord tenu à exprimer sa gratitude envers l’OIF et les partenaires techniques mobilisés :

« Permettez-moi d’exprimer ma profonde gratitude à l’OIF et à nos partenaires, pour l’appui constant qu’ils apportent au renforcement de l’État de droit et de la justice dans notre pays. »
Rappelant le contexte politique, Fodé Bangoura a insisté sur la portée exceptionnelle de l’élection de décembre :
« La Guinée s’apprête à organiser une élection présidentielle qui revêt une portée historique : celle du retour à l’ordre constitutionnel, après une période de transition ouverte le 5 septembre 2021. »
Selon lui, la crédibilité du scrutin dépendra de l’engagement de toutes les institutions à agir avec rigueur, impartialité et professionnalisme.
En tant que juridiction compétente pour trancher le contentieux électoral en dernier ressort, la Cour suprême porte, selon Bangoura, une responsabilité déterminante :
« Elle exige une maîtrise parfaite des normes constitutionnelles, légales et jurisprudentielles, ainsi qu’une compréhension approfondie des enjeux pratiques liés à l’examen des recours. »

L’atelier vise précisément à harmoniser les pratiques, renforcer les compétences des magistrats et consolider la capacité de la Cour à gérer les litiges post-électoraux dans un climat de confiance.
Le premier président a également salué la participation de deux experts reconnus :
- Pr. Babacar Kanté, constitutionnaliste de renom dans l’espace francophone
- M. Claudy, expert de l’OIF et de l’Union européenne
Leur expertise est appelée à enrichir les travaux, notamment à travers l’étude de cas pratiques et la comparaison d’expériences internationales.
Fodé Bangoura a rappelé que la justice électorale est bien plus qu’un ensemble de règles techniques : elle constitue un pilier de la paix sociale, un garant de la stabilité politique et un fondement de la confiance citoyenne.
« Elle exige une attitude de neutralité, de professionnalisme exemplaire et un sens aigu du devoir public. »
En conclusion, il a réaffirmé l’engagement ferme de la Cour à remplir son rôle conformément aux valeurs républicaines, à la transparence et au droit, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux.
N’sira Tchappi Sylla









