Après le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle par la Cour suprême, le leader du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) refuse de se laisser marginaliser du jeu politique. Loin de sonner la retraite, il choisit au contraire d’ouvrir un nouveau front : celui des prochaines échéances électorales, avec en ligne de mire les législatives, communales, régionales et sénatoriales.
Les dates des législatives et des communales ont déjà été fixées par le président Mamadi Doumbouya. Le scrutin est prévu pour le 24 mai 2026. Un rendez-vous que le PEDN entend bien transformer en tremplin politique.
Dans un message vidéo adressé à ses militants et publié ce samedi 21 février, l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté a clairement affiché ses intentions : le parti participera aux prochaines compétitions électorales, une fois le calendrier définitivement arrêté.
« Je tiens par ailleurs à vous informer qu’une fois les dates clairement fixées, le PEDN pourrait être candidat aux prochaines élections législatives, sénatoriales, communales et communautaires. Le parti demeure pleinement engagé dans la vie démocratique et déterminé à offrir une alternative crédible à la Guinée et au peuple de Guinée », a-t-il déclaré.

Pour le leader du PEDN, l’invalidation de la candidature présidentielle ne constitue pas une fin de parcours, mais un épisode dans une trajectoire plus large. Son discours insiste sur la constance, la discipline et la fidélité aux valeurs fondatrices du parti. Une manière de rassurer sa base et de maintenir la mobilisation, à l’heure où le paysage politique reste marqué par les incertitudes de la transition.
Concernant la main tendue du chef de l’État, Lansana Kouyaté adopte une posture mesurée. Il affirme que si cette ouverture est « sincère et guidée par l’intérêt supérieur du peuple », la décision qui s’imposera sera prise « de manière responsable et collective » par le bureau exécutif national et le bureau politique du parti. Autrement dit, pas de ralliement précipité, mais une réflexion interne structurée.
« Le PEDN avance avec correction, responsabilité et fidélité à ses valeurs. Un trébuchement, à quelque niveau que ce soit, ne nous fera pas perdre l’espoir. Son nom, c’est l’espoir. Son nom, c’est aller jusqu’à la conquête du pouvoir pour donner le meilleur de lui-même au peuple de Guinée. Le respect strict de la consigne du parti a démontré une fois encore la maturité politique du PEDN et sa capacité à agir dans l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il ajouté.

Au-delà des déclarations d’intention, le PEDN enclenche une dynamique interne de consolidation. Lansana Kouyaté annonce le déploiement imminent de missions d’inspection sur toute l’étendue du territoire national.
« Ces missions visent à évaluer nos structures, à écouter la base et à consolider notre organisation », a-t-il précisé.
Cette démarche traduit une stratégie claire : renforcer l’ancrage local, remobiliser les militants et structurer l’appareil en vue des scrutins à venir. Dans un contexte où la recomposition politique reste en cours, le PEDN cherche à démontrer qu’il demeure un acteur incontournable.

Recalé pour la magistrature suprême, Lansana Kouyaté n’abandonne donc pas la conquête du pouvoir. Il change de trajectoire, ajuste sa stratégie et mise sur les urnes de 2026 pour revenir au centre du jeu politique guinéen.

 

Rédaction