Reconnu victime des événements tragiques de 2009, le Premier ministre guinéen transforme sa réparation financière en un acte de mémoire et de solidarité.
Depuis le 13 avril 2025, l’État guinéen a enclenché le processus tant attendu d’indemnisation des victimes du massacre du 28 septembre 2009. Cette initiative, saluée comme un tournant historique dans la reconnaissance des droits des victimes, a déjà permis à plusieurs d’entre elles de recevoir les compensations prévues par la justice.
Parmi les bénéficiaires figure une personnalité inattendue : Amadou Oury Bah, actuel Premier ministre. Interrogé ce samedi 16 août par le journal Le Punch, il a révélé avoir reçu 200 millions de francs guinéens, montant fixé pour chaque cas reconnu de torture ou de coups et blessures volontaires.
« On n’aurait jamais imaginé que des victimes seraient un jour dédommagées. Et dans ce cadre, en tant que victime — entre guillemets, parce que moi, je suis vivant, sans séquelles graves — j’ai reçu une indemnisation », a confié le chef du gouvernement.
Mais plutôt que de conserver cette somme à titre personnel, Bah Oury a choisi de la redistribuer à des causes caritatives, dans un geste de foi, de mémoire et de responsabilité sociale.
Une répartition solidaire et symbolique
Voici comment le Premier ministre entend allouer cette indemnisation :
- ¼ (un quart) sera destiné aux églises et mosquées, pour organiser des prières à la mémoire des victimes du 28 septembre.
- ¼ ira à deux orphelinats, en soutien aux enfants sans famille.
- ¼ sera remis aux Sœurs Jocelyne, une organisation basée à Macenta, reconnue pour son engagement dans la formation professionnelle des jeunes filles.
- Le dernier ¼, bien que non précisé en détail, s’inscrira dans la même dynamique de solidarité sociale et communautaire.
Par ce geste, Bah Oury entend transformer une réparation individuelle en un devoir de mémoire collectif, mais aussi en un levier de soutien aux plus vulnérables.« C’est une manière de rendre hommage aux véritables victimes, celles qui vivent encore avec les séquelles physiques et psychologiques de ce drame », a-t-il déclaré.
Le geste du Premier ministre donne un visage humain et responsable à une démarche judiciaire longtemps attendue. Il rappelle également que, derrière chaque décision de justice, il y a une histoire, une souffrance et une mémoire à préserver.
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