La 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des Pays Membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée) a pris fin ce mardi 1er septembre 2026 à Conakry. Au terme de deux jours d’échanges consacrés notamment aux enjeux de la régulation des réseaux sociaux, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée, Boubacar Yacine Diallo, a été élu président de la plateforme pour un mandat de deux ans. Il sera secondé par le Nigérien Ibrahim Manzo Diallo, président de l’Observatoire nigérien de la communication, élu vice-président.
Placées sous le thème « La régulation des réseaux sociaux face aux défis de la cybersécurité et de la préservation de la cohésion sociale : quels mécanismes harmonisés pour l’UEMOA et la Guinée ? », les assises ont réuni plusieurs responsables des organes de régulation des médias de l’espace UEMOA et de la Guinée.
À l’issue des travaux, les participants ont posé les bases d’une approche concertée face aux mutations du paysage médiatique et numérique. Dans son discours après son élection, Boubacar Yacine Diallo a remercié ses homologues pour la confiance accordée et appelé à une coopération renforcée entre les différents régulateurs.
Quatre priorités pour le nouveau mandat
Le nouveau président de la PRA-UEMOA-Guinée a annoncé quatre axes majeurs pour les deux prochaines années : l’harmonisation progressive des cadres juridiques, la mise en place d’un mécanisme régional de veille et d’alerte, l’adoption d’une position commune dans le dialogue avec les grandes plateformes numériques, ainsi que le renforcement de l’éducation aux médias et des capacités des instances de régulation.
Boubacar Yacine Diallo entend également inscrire son mandat sous le signe de l’écoute, de la solidarité et de la coopération entre les organes de régulation. Il souhaite notamment faire de la HAC de Guinée un moteur d’une dynamique régionale capable d’apporter des réponses coordonnées aux défis liés aux réseaux sociaux, à la cybersécurité et à la désinformation.
Selon lui, les expériences acquises par les régulateurs africains à travers différentes missions d’immersion, notamment à Cotonou, Abidjan, Lomé, N’Djamena et Ouagadougou, montrent que le continent dispose déjà d’une expertise significative en matière de régulation des médias et du numérique. Ces échanges devraient contribuer à accélérer la régulation des réseaux sociaux, sans tomber dans la censure.
Au-delà de sa nouvelle responsabilité régionale, le président de la HAC a réaffirmé son engagement en faveur de la professionnalisation du secteur de la communication en Guinée.
Il a notamment assuré que les actions d’assainissement engagées par la HAC ne visent pas à restreindre la liberté de la presse, mais à renforcer la crédibilité et la qualité de la profession. Il a ainsi déclaré vouloir consacrer son mandat à une presse guinéenne « jeune et redynamisée ».
Au terme des deux jours de travaux, plusieurs recommandations ont été adoptées à l’endroit des États et de la PRA-UEMOA-Guinée.
Les participants préconisent notamment l’adaptation des cadres législatifs et réglementaires pour une régulation plus efficace des plateformes numériques, l’élargissement des compétences des organes de régulation aux plateformes numériques et de partage, ainsi que l’harmonisation des réglementations relatives au numérique et à l’intelligence artificielle dans l’espace concerné.
La plateforme est également appelée à favoriser une convergence réglementaire entre les États, à renforcer l’éducation aux médias et au numérique, et à mettre en œuvre l’accord de collaboration conclu avec l’UEMOA en vue de l’adoption de normes communautaires sur les réseaux sociaux.
Les recommandations portent également sur le renforcement du dialogue avec les grandes plateformes numériques, notamment autour de la transparence des algorithmes et de la modération des contenus, ainsi que sur la régularité des travaux du Comité des juristes experts en régulation des médias et en TIC.
Avec l’élection de Boubacar Yacine Diallo, la PRA-UEMOA-Guinée entend ainsi ouvrir une nouvelle étape de coopération régionale face aux transformations du numérique, avec pour ambition de mieux protéger les citoyens, préserver la cohésion sociale et accompagner l’évolution des médias sans porter atteinte aux libertés fondamentales.
Aboubacar Moussa Camara









