Pour les élections prévues le 24 mai prochain, la Génération pour la modernité et le développement (GMD) ne dispose plus du temps nécessaire pour se transformer en parti politique et y participer pleinement au processus électoral.
Le délai légal étant désormais dépassé, ce mouvement politique — sous la bannière duquel le président Mamadi Doumbouya a été élu en 2025 — devra patienter jusqu’après cette échéance pour espérer obtenir une reconnaissance formelle en tant que parti.
C’est en substance ce qu’a indiqué le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 27 mars 2026 à Conakry. Selon lui, les responsables de la GMD accusent un retard administratif qu’ils devront assumer sans traitement de faveur.
« Je pense qu’il (GMD) ne sera pas un parti politique d’ici les élections. Il n’y aura pas de privilèges de la GMD dans nos législations. Donc, s’ils sont en retard, ils encaisseront les conséquences jusqu’après les élections. Après, ils feront ce qu’ils veulent. Pour l’instant, c’est un mouvement initié par des acteurs politiques et citoyens, et non un parti légalement constitué. Ils seront en compétition en tant que mouvement, mais pas en tant que parti politique. C’est pourquoi, ceux qui organisent les élections ont publié la liste officielle des partis politiques susceptibles de présenter des candidats, la GMD ne fait pas partie, car elle n’est pas un parti politique », a-t-il déclaré.
Cette mise au point vient clarifier une situation qui entretenait jusqu’ici une certaine ambiguïté autour du statut réel de la GMD. Malgré son poids politique et son rôle central dans l’accession au pouvoir du président Mamadi Doumbouya, le mouvement ne bénéficie d’aucune reconnaissance juridique lui permettant de concourir comme parti.
Concrètement, cela signifie que la GMD ne pourra pas présenter de candidats en son nom propre lors des élections à venir, notamment au niveau national. Une contrainte qui pourrait fragiliser sa structuration politique et limiter sa capacité à transformer son influence en représentation institutionnelle.
Toutefois, une zone d’incertitude demeure : celle de la participation de ses membres. Des cadres ou figures affiliées à la GMD pourraient envisager de se présenter sous d’autres étiquettes politiques ou en tant que candidats indépendants, contournant ainsi l’absence de reconnaissance officielle du mouvement.
Au-delà du cas spécifique de la GMD, cette situation met en lumière les exigences strictes du cadre légal encadrant les partis politiques en Guinée, ainsi que les défis liés à la structuration rapide de mouvements politiques dans un calendrier électoral contraint.
En attendant une éventuelle régularisation après les élections, la GMD se retrouve donc dans une position délicate : influente sur le plan politique, mais limitée sur le plan juridique.
AMC









