Ce mardi 22 avril 2025, le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a pris la parole lors d’une rencontre dédiée à l’hygiène, la santé et la sécurité (HSS) dans le secteur minier. L’occasion pour lui de lever un coin du voile sur les ambitions portées par le projet Simandou, considéré comme le pilier du programme de développement économique voulu par les autorités de la transition guinéenne. Le ministre a détaillé les orientations stratégiques du programme « Simandou 2040 », tout en soulignant que les recettes générées par ce mégaprojet minier seront rigoureusement réinvesties dans les infrastructures, la santé, et l’éducation. Un modèle qui, selon lui, s’inspire d’expériences similaires menées avec succès dans plusieurs pays de la sous-région, malgré des appellations différentes.

Le Sénégal l’a appelé à l’époque Sénégal émergent, la Côte d’Ivoire l’a baptisé l’Éléphant d’Afrique dans les années 2000. On aurait pu l’appeler Syli 2040 ou Kassa 2040, mais pourquoi Simandou ? C’est pour capitaliser l’effet de levier lié à la réussite du projet Simandou et permettre de financer et de mobiliser des capitaux pour l’investissement et la transformation économique du pays, sous le leadership du président de la République. Un dirigeant décide d’allouer une partie des revenus fiscaux et des dividendes que l’État collecte dans le cadre d’un projet, pour les investir dans l’éducation de ses filles et fils. C’est unique. 20 % des impôts et taxes issus des accords signés dans le cadre du projet Simandou — 20 % des recettes fiscales que l’État guinéen percevra après le démarrage de la production à la fin de cette année — seront alloués à des bourses d’études destinées aux meilleurs élèves, filles et garçons, issus des 33 préfectures de la Guinée, et cela pendant 35 ans”, affirme M. Sylla.

D’après le ministre des Mines, la vision du Chef de l’Etat part d’un constat simple : ce programme pourrait permettre à de nombreux jeunes Guinéens d’éviter de s’engager dans l’immigration clandestine via la Méditerranée ou d’autres voies périlleuses.

Dieu seul sait combien de jeunes Guinéens sont enterrés dans le cimetière de la Méditerranée en tentant de rejoindre l’autre rive. Pour mettre fin à cela, il faut encourager les enfants de ce pays à étudier. Leur pays leur offre des bourses pour intégrer les meilleures universités du monde, en toute légalité et avec une prise en charge complète. Et cela pour une durée de 35 ans, pour les élèves issus des 33 préfectures du pays. Dans cette allocation, si l’on considère un montant de 100 dollars, 20 dollars seront exclusivement destinés aux jeunes filles. Pourquoi ? Pour encourager davantage de jeunes filles à poursuivre leurs études”, a-t-il expliqué.

Pour éviter la fuite des cerveaux, le ministre ajoute que le général Mamadi Doumbouya, dans son programme Simandou 2040, a également décidé que 5 % des impôts et taxes qui seront versés par les blocs 1 et 2 du WCS (Winning Consortium Simandou), ainsi que 5 % de ceux versés par les blocs 3 et 4 de Rio Tinto Simfer, seront réinvestis dans le système éducatif guinéen écrit par nos confrères d’africaguinée.

Ceci pour le reconstruire, l’améliorerfaire en sorte qu’il devienne l’un des meilleurs systèmes éducatifs du continent et améliorer le taux de scolarisation dans le pays. À ce titre, il a cité l’exemple de Singapour. Si des investisseurs affluent vers Singapour, c’est parce que le pays dispose d’une main-d’œuvre qualifiée. Le minerai de Simandou, une fois parti vers les aciéries, ne reviendra plus. Mais si nos jeunes sont bien formés, dans 10 à 15 ans, les investisseurs viendront en Guinée non pas pour le Simandou, ni pour la bauxite, l’or ou le diamant, mais pour les ressources humaines de qualité. Et ça, je pense que c’est historique. Il est important que vous le sachiez : le président de la République est en train d’écrire un nouveau chapitre économique et social de l’histoire de ce pays. Aucun pays ne se développe sans investir dans l’éducation”, conclut Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie.