À l’ouverture du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a livré un discours grave et offensif. Face aux coups d’État, aux conflits persistants, à la baisse des financements extérieurs et aux crises humanitaires du Sahel à la Palestine, il a appelé à une rupture stratégique. Son message est clair : l’autonomie financière, l’intégration politique et l’industrialisation du continent ne sont plus des ambitions lointaines, mais une nécessité vitale pour atteindre l’Agenda 2063.

Le sommet, consacré à l’eau et à l’assainissement, se poursuit à huis clos pour définir les priorités du plan 2024-2028.

Le 39ᵉ Sommet de l’Union africaine s’est ouvert dans un climat d’urgence et de lucidité. Devant les chefs d’État et de gouvernement réunis à Addis-Abeba, Mahmoud Ali Youssouf a abandonné le ton diplomatique habituel pour dresser un constat sévère de la situation du continent.

Le président de la Commission a dénoncé la recrudescence des changements anticonstitutionnels de gouvernement et la chronicité des conflits armés. Selon lui, la résurgence des coups d’État rappelle « les jours sombres » des premières décennies post-indépendance. L’objectif panafricain de « Faire taire les armes » reste, à ce jour, inachevé.
Du Soudan au Sahel, en passant par l’est de la RDC, les crises sécuritaires continuent d’éroder la stabilité politique et d’aggraver les drames humanitaires.

Dans un contexte mondial marqué par la polarisation géopolitique et le tarissement des aides internationales, Mahmoud Ali Youssouf a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources domestiques.
Pour lui, l’autonomie financière est désormais une question de souveraineté stratégique.
Il a insisté sur plusieurs priorités structurantes :
l’accélération de l’industrialisation ;
la transformation agricole ;
le développement du potentiel énergétique africain ;
la modernisation des infrastructures.
Ces leviers sont présentés comme les conditions indispensables d’une croissance durable et inclusive.

Au-delà des frontières africaines, le président de la Commission a évoqué la Palestine, appelant à un sursaut de conscience face aux tragédies internationales. Une manière de rappeler que l’Afrique, dans un monde fragmenté, doit peser davantage dans les équilibres globaux.
Son message central résonne comme un avertissement : l’Agenda 2063 n’est plus un horizon lointain, mais une course contre la montre. L’intégration politique et économique du continent devient une condition de survie collective.

 

Aboubacar Moussa Camara