La directrice générale des Élections (DGE), Djénabou Touré, a finalement rompu le silence, ce mercredi 3 septembre, face à la vive polémique entourant la suspension de deux des principales formations politiques guinéennes : le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG arc-en-ciel) et l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).

Lors d’une conférence de presse très attendue, la DGE a tenu à justifier, documents à l’appui, la légalité et la nécessité de cette décision. Selon elle, ces suspensions ne relèvent en aucun cas d’un choix arbitraire, mais découlent d’un constat alarmant de dysfonctionnements internes graves et de violations répétées des obligations légales par ces partis.

« Il y a eu une grande inclusivité dès le recensement », a affirmé Mme Touré, soulignant que 125 partis politiques ont été associés à un comité technique et 66 autres au Forum National des Jeunes. Une manière, selon elle, de montrer que la DGE agit en toute transparence et dans un souci d’ouverture.

Le cas du RPG arc-en-ciel – l’ancien parti au pouvoir – a été particulièrement détaillé par la directrice. Elle reproche au parti de n’avoir transmis aucune pièce comptable, malgré les multiples relances. Elle a également évoqué un non-respect des statuts, notamment l’inactivité persistante du bureau politique, fort de 400 membres, et d’un comité central qui ne se réunit jamais.

« L’administration va vous confronter à vos propres statuts. Le RPG arc-en-ciel a des dispositions statutaires qui le mettent en porte-à-faux avec la charte des partis politiques », a-t-elle souligné, ajoutant que le parti ne tient aucun registre officiel de ses membres et n’apporte aucune justification sur l’origine de ses fonds.

Concernant la suspension, souvent perçue comme une manœuvre politique, Djénabou Touré précise que même dans le cas d’un parti déjà suspendu, la loi impose une évaluation régulière de la sanction.« Pour que notre pays avance, nous, administrateurs, devons appliquer la loi », a-t-elle martelé, visiblement déterminée à rétablir l’ordre dans un paysage politique qu’elle juge trop longtemps laissé à l’improvisation.

Par cette sortie publique, la DGE envoie un message fort : la légalité prime sur les considérations partisanes. En ciblant les deux poids lourds de l’arène politique guinéenne, elle entend rappeler à l’ensemble des formations leur devoir de conformité, dans un contexte national tendu où la crédibilité des institutions reste sous haute surveillance.

Reste à voir si cette sortie apaisera les tensions ou attisera davantage les critiques contre une institution régulièrement accusée de partialité.

 

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