Dans la matinée de ce mercredi 11 mars 2026, des tirs ont été entendus au débarcadère de Kiéssènèye, une zone frontalière sensible située entre la Guinée et le Libéria. L’incident, qui a rapidement suscité des inquiétudes parmi les populations riveraines, s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes observées ces dernières semaines le long des frontières guinéennes.
En effet, après des remous récemment signalés à la frontière entre la Guinée et la Sierra Léone, cet épisode vient rappeler la fragilité de certaines zones frontalières où les mouvements de populations, les activités commerciales informelles et les déplacements de jeunes peuvent parfois provoquer des situations de tension.
Intervenant sur ces tirs entendus dans la localité, le préfet de Guéckédou, le général Kandia Mara, a apporté des précisions sur les circonstances de l’incident. Selon lui, il s’agissait de tirs de sommation effectués par des militaires libériens afin de disperser des jeunes qui tentaient de franchir la frontière vers le territoire guinéen.
Le préfet explique qu’il se trouvait lui-même sur place au moment des faits dans le cadre d’une mission de sensibilisation.
« Ce matin, je suis allé avec les notables de Bèmakissi à Kiéssènèye pour sensibiliser les jeunes. Nous sommes restés sur place lorsque des coups de feu ont été entendus de l’autre côté de la frontière », a-t-il confié.
Toujours selon lui, alors qu’il se trouvait aux côtés du président du district de Bèmakissi, ce dernier a reçu un appel téléphonique du ministre libérien des Affaires intérieures.
« Le président de Bèmakissi a reçu un appel du ministre libérien des Affaires intérieures. Au bout du fil, le ministre Niouma Ley a expliqué que les tirs venus du Libéria n’étaient pas dirigés contre les Guinéens. Il s’agissait plutôt de tirs de sommation pour disperser des jeunes libériens qui tentaient de traverser vers la rive guinéenne du fleuve », a rapporté le préfet au micro du correspondant du site Ledjely.com.
Le ministre libérien aurait également indiqué que des mesures sont en cours pour apaiser la situation sur le terrain. Parmi elles, le remplacement prochain des militaires libériens déployés dans la zone par des policiers, une initiative qui vise à réduire les tensions et à favoriser une gestion plus civile de la sécurité frontalière.
Face aux inquiétudes suscitées par cet incident, le préfet de Guéckédou a tenu à lancer un appel au calme à l’endroit des populations, en particulier des jeunes.
Il a rassuré que les forces de défense et de sécurité restent mobilisées et que les autorités des deux pays travaillent de concert pour préserver la stabilité dans cette zone stratégique.
« Nous demandons à toute la population de Guéckédou, notamment aux jeunes, de rester calme. Les forces de défense et de sécurité sont présentes sur le terrain et les deux gouvernements sont en train de travailler pour un retour rapide de la quiétude dans la localité », a-t-il insisté.
Pour l’heure, la situation serait sous contrôle, même si les autorités locales poursuivent leurs efforts de sensibilisation afin d’éviter tout nouvel incident dans cette zone frontalière où les relations entre communautés restent étroitement liées de part et d’autre de la frontière.
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