Un projet historique de réhabilitation porté par Diakspora, entre foi, mémoire et engagement citoyen
Le Calife général de Touba a officiellement confié à la jeunesse diakhanké de France, représentée par l’association Diakspora, la mission de réhabiliter la grande mosquée de Touba, un édifice religieux et historique emblématique de la Guinée.
Construite en 1822 par le grand érudit Hadji Salim Diaby, plus connu sous le nom de Karamokhoba, la mosquée constitue un haut lieu de spiritualité et de savoir. Après une première transformation majeure intervenue en 1987, l’édifice, aujourd’hui confronté à une vétusté avancée, nécessite une nouvelle intervention d’envergure afin de préserver ce patrimoine plus que bicentenaire.
C’est dans ce contexte que l’association Diakspora, regroupant des jeunes diakhanké de la diaspora européenne, porte aujourd’hui un ambitieux projet de réhabilitation complète. Cette initiative, largement financée par les Guinéens de l’étranger et soutenue par des personnalités institutionnelles de premier plan, marque un moment fort de mobilisation communautaire et nationale.
La rencontre organisée récemment s’inscrit comme le dernier temps fort médiatique avant le lancement officiel des travaux. La pose de la première pierre est prévue pour le 25 janvier prochain à Touba, date qui marquera le démarrage effectif du chantier.
Le projet de réhabilitation est estimé à 1 500 000 euros. Il prévoit non seulement la restauration de la mosquée, mais aussi son agrandissement, avec une capacité d’accueil portée à environ 500 à 600 fidèles. Un étage supplémentaire est envisagé, intégrant notamment une bibliothèque, afin de renforcer la dimension intellectuelle et culturelle du lieu. Pour les porteurs du projet, la mosquée ne doit pas être uniquement un espace de prière, mais également un lieu de transmission du savoir et d’étude, fidèle à l’héritage spirituel de Karamokhoba.

Dans ce cadre, un point de presse s’est tenu à Conakry le dimanche 18 janvier 2026, en présence des membres de l’association Diakspora, de notables de la communauté diakhanké, ainsi que de plusieurs personnalités, dont l’ancien Premier ministre Ahmed Tidjane Souaré. Cette rencontre a permis de présenter les grandes lignes du projet avant le lancement officiel des travaux de la mosquée Karamokhoba à Touba.

Prenant la parole, Baba Guirassy, président de l’association Diakspora, a détaillé les avancées et les défis du projet :
« Nous avons tenu aujourd’hui un point de presse exceptionnel avec des notables de notre communauté et l’ensemble de nos collaborateurs impliqués dans ce projet de réhabilitation de la grande mosquée de Touba. Après la forte mobilisation en France, nous avons réussi à mobiliser près d’un million d’euros. Nous aurions pu aller directement à Touba, mais nous avons choisi de venir à Conakry pour dire que ce projet est le vôtre. C’est un patrimoine qui concerne l’ensemble de la nation guinéenne. »

Il a précisé que, malgré les fonds déjà mobilisés, des besoins subsistent :
« Le coût total du projet est de 1 500 000 euros. Aujourd’hui, il nous reste environ 400 000 à 500 000 euros à trouver, que ce soit sur le plan financier, logistique ou matériel. »
Selon Baba Guirassy, le projet a évolué en réponse aux attentes des populations locales :
« Au départ, il s’agissait d’une rénovation. Mais face aux nombreuses sollicitations de la population et à l’élan suscité par cette initiative confiée aux jeunes, nous avons décidé d’opter pour une réhabilitation complète. Cette confiance que nos parents nous ont accordée, notamment ceux qui nous ont élevés en France, nous oblige. »
Enfin, le président de Diakspora a lancé un appel à la solidarité nationale et institutionnelle :

« Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à soutenir ce projet, que ce soit financièrement, matériellement ou par leurs contacts. Nous comptons également sur l’accompagnement des autorités, notamment pour la sécurisation du chantier. L’État a un rôle à jouer, d’autant plus qu’une grande partie du travail a déjà été accomplie. »
À travers ce projet, la jeunesse diakhanké de la diaspora entend non seulement préserver un patrimoine religieux majeur, mais aussi affirmer son engagement pour la Guinée, en inscrivant son action dans la continuité de l’histoire, de la foi et du savoir.
Aboubacar Moussa Camara
622 42 41 87









