Kalémodou Yansané critique l’inefficacité du chronogramme de la transition et appelle à un dialogue national pour garantir le retour à l’ordre constitutionnel dans les délais impartis.

Le non-respect du délai de la transition, tel que défini par la CEDEAO, est l’un des sujets les plus débattus au sein des grands partis politiques de Guinée, notamment au sein de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Ce retard, qui semble se prolonger sans fin, fait émerger des tensions croissantes au sein de la classe politique et au-delà.

Pour de nombreux acteurs politiques, comme Kalémodou Yansané, le retour à l’ordre constitutionnel devait absolument avoir lieu d’ici le 31 décembre 2024. Cependant, avec un profond regret, il souligne que cet objectif semble de plus en plus lointain, comme il l’a exprimé lors d’une interview le 21 décembre 2024.

Un Chronogramme Ignoré

Kalémodou Yansané revient sur le chronogramme de la transition établi en septembre 2021, dans lequel il était prévu que les élections se tiennent dans un délai de 15 mois maximum, si une volonté politique forte existait. Pourtant, à ce jour, trois ans et trois mois se sont écoulés, soit 1200 jours de transition, sans que les promesses de réformes ne se concrétisent. Yansané questionne le bilan des actions menées et se demande sincèrement : « Parmi les dix activités inscrites au programme de la transition, quelle est celle qui a véritablement abouti ? Mis à part cette histoire de constitution, qui semble engloutir des milliards de deniers publics, je ne vois rien de tangible qui ait été accompli. »

Pour lui, l’engagement pris par le CNRD de réaliser la transition en deux ans ne doit pas être vu comme une simple négociation. Il insiste sur le fait que cet engagement a été formellement négocié par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) avec la CEDEAO, et non pas imposé par d’autres parties prenantes. Il rappelle aussi que, face à cette situation, l’exécutif a l’obligation de respecter les engagements pris, ou de justifier d’un nouveau cadre consensuel.

Un Consensus Nécessaire

Pour mettre fin au désaccord existant entre le CNRD et les autres acteurs politiques, en particulier ceux de l’opposition, Kalémodou Yansané estime qu’il est primordial de privilégier le dialogue et la concertation nationale. Il déclare : « Après avoir bénéficié d’un an de bonus, nous nous retrouvons à la fin du délai consensuel. Si la transition n’est pas achevée à la date prévue, des solutions doivent impérativement être trouvées, mais cela ne peut se faire que par un consensus national. »

À ses yeux, il est crucial que toutes les forces vives de la nation se mettent autour de la table pour discuter de l’avenir politique et économique du pays après cette transition de trois ans, qu’il considère comme largement perdue. « Si l’objectif de refondation n’a pas été atteint, il devient urgent de réajuster le cap. Chaque jour, nous constatons des détournements de fonds à la douane ou des dysfonctionnements dans les institutions publiques comme l’OGP », ajoute-t-il, déplorant les échecs successifs de l’exécutif à amorcer les réformes nécessaires.

L’Appel à un Dialogue Inclusif

En conclusion, Yansané met en avant que l’heure est désormais à l’unité et au dialogue, quel que soit le nom qu’on lui donne. Que ce soit sous forme de concertation, de négociation ou de dialogue formel, l’essentiel est que les Guinéens se retrouvent pour tracer une voie claire et consensuelle pour la fin de la transition et la restauration de l’ordre constitutionnel. Sans cela, il craint que le pays n’entre dans une période d’instabilité encore plus profonde.

 

 

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