Un projet de pulvérisation domiciliaire porté par l’ONG CAM, financé par Rio Tinto Simfer, redonne espoir aux habitants de Beyla, Forécariah et Kérouané, durement impactés par le projet Simandou.

Le Club des Amis du Monde (CAM) a lancé un ambitieux projet sanitaire dans les préfectures de Beyla, Forécariah et Kérouané, régions directement touchées par le projet minier Simandou. Intitulée « Projet communautaire de lutte contre le paludisme à travers la pulvérisation intra domiciliaire », cette initiative a été chaleureusement saluée par les citoyens des zones concernées.

Ce projet est financé par la société Rio Tinto Simfer à hauteur de 7,5 milliards de francs guinéens, et vise une réduction significative du taux de paludisme dans les localités riveraines du projet Simandou. Il s’appuie notamment sur la pulvérisation intra domiciliaire et la mobilisation communautaire, pour atteindre durablement ses objectifs.

C’est à Conakry, ce mercredi 6 août 2025, que les responsables de l’ONG CAM, en collaboration avec leurs partenaires, ont organisé une revue à mi-parcours afin d’évaluer les résultats obtenus durant les deux premières années de mise en œuvre.

Aboubacar Sylla, président du CAM, a expliqué que cette rencontre s’inscrivait dans une démarche de transparence vis-à-vis des partenaires et des communautés bénéficiaires :« Aujourd’hui, nous avons invité tous les partenaires clés pour pouvoir présenter ces résultats, d’une part, mais aussi les résultats d’une étude d’impact que nous avons menée sous la conduite de la direction préfectorale de la santé de Forécariah. Aussi, nous avons présenté la perception des communautés impactées le long du corridor de Beyla, Forécariah, sur l’importance de nos interventions avec l’appui technique et financier de Rio Tinto », a-t-il déclaré.

Après deux ans d’intervention, les effets sont tangibles sur le terrain. Le président du CAM rapporte une forte baisse des cas de paludisme, due notamment à l’efficacité des produits utilisés pour la pulvérisation :« J’avoue, après deux ans d’intervention, c’est une satisfaction totale dans le village où nous sommes intervenus. Les produits que nous utilisons – même si je ne les nomme pas ici – sont très efficaces. Une fois les structures pulvérisées, il faut au moins six mois pour qu’un autre moustique entre dans les maisons. »

Le projet ne se limite pas à la pulvérisation. Il s’inscrit aussi dans une dynamique d’hygiène communautaire et de transfert de compétences. Le CAM a mis en place des laboratoires d’entomologie à Beyla et à Maferinya, permettant de suivre l’évolution de la présence des moustiques et d’identifier les foyers larvaires.« Nous avons un laboratoire d’élévation des moustiques pour pouvoir faire les tests de rémanence sur les murs que nous pulvérisons… Nous avons des entomologistes qui travaillent dans nos deux labos. »

Présente à la cérémonie, Mme Candace Ramcharan, Directrice Générale de CSP Simfer, a souligné la dimension humaine de cette initiative :« Ce projet financé par Rio Tinto/Simfer et porté par l’ONG le Club des Amis du Monde en collaboration avec les autorités sanitaires revêt d’une importance capitale. Il incarne notre engagement commun à soutenir les efforts du gouvernement dans l’amélioration de la santé des communautés riveraines. »

Estimé à 7 milliards de francs guinéens, le projet couvre 12 localités dans les trois préfectures ciblées et combine sensibilisation, destruction des gîtes larvaires, et pulvérisation intra domiciliaire. Il place les femmes, enfants et personnes âgées au cœur de sa stratégie d’impact.« Ce projet est avant tout une initiative humaine. Il s’agit de protéger les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées… une manière de bâtir ensemble un avenir plus sain et plus serein. »

Le représentant du Comité national de lutte contre le paludisme a, quant à lui, salué cette initiative qui rejoint les priorités du gouvernement guinéen à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique. Le paludisme reste en effet la première cause d’hospitalisation dans les structures sanitaires du pays.

Ce projet illustre parfaitement ce que peut produire une coopération entre ONG, entreprises privées et autorités locales : une action ciblée, structurée, communautaire et durable. À l’heure où la Guinée cherche à conjuguer développement minier et bien-être des populations, le CAM et ses partenaires montrent qu’il est possible de concilier croissance économique et justice sanitaire.

Aboubacar Moussa Camara

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