Un projet ambitieux pour renforcer la synergie entre les grandes conventions environnementales internationales et impulser une action nationale cohérente et durable.
Le Conseil National de Gestion des Produits et Substances Chimiques a lancé mercredi 13 août, un vaste projet axé sur la synergie environnementale entre quatre grandes conventions internationales : Bâle, Rotterdam, Stockholm et Minamata, ainsi que le cadre mondial sur les produits chimiques (GFC).

Ce projet, intitulé « Renforcement des capacités institutionnelles pour l’amélioration et la mise en œuvre de la synergie entre les conventions internationales et le GFC », vise à consolider les efforts nationaux en matière de gestion rationnelle des produits chimiques et des déchets dangereux, tout en protégeant la santé humaine et l’environnement.
Félix Herzog, représentant du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), a souligné l’importance de ce projet, qui vise à établir des réglementations solides, à renforcer la formation des acteurs de terrain, et à créer une réelle synergie entre les conventions :« Le succès de ce projet dépendra de l’effort collectif. Il marque le début d’une collaboration qui requiert l’implication active de toutes les institutions concernées, pour contribuer au développement durable et à une Guinée sans pollution. »

Bangaly Dioumessy, coordinateur du projet, a retracé l’évolution des conventions, nées successivement avec des objectifs proches. Il déplore la dispersion des efforts et les dédoublements de tâches dans leur mise en œuvre :« On a compris que les plans d’action de ces conventions visaient souvent les mêmes cibles : sensibilisation, formation, gestion des déchets… Il fallait donc les regrouper pour maximiser l’impact et économiser les ressources. »
C’est ainsi qu’un secrétariat de la synergie a été créé au niveau international. Mais dans les pays comme la Guinée, cette coordination reste à construire sur le plan local.
Le projet lancé en Guinée prévoit plusieurs mesures opérationnelles :
- Révision réglementaire : Un juriste sera recruté pour analyser les textes existants, identifier les lacunes et proposer une réglementation spécifique à la synergie des conventions.
- Renforcement des capacités : Tous les acteurs – Conseil national, points focaux, services de contrôle – seront formés pour harmoniser les actions.
- Création d’une base de données nationale : Accessible aux opérateurs, elle recensera les produits chimiques et les déchets présents dans le pays.
- Élaboration d’un plan d’action pour les déchets dangereux : Objectif : différencier clairement les types de déchets (hospitaliers, industriels, urbains) et améliorer leur traitement.
En toile de fond, l’ambition est claire : mobiliser les parties prenantes, mutualiser les ressources, et instaurer un cadre d’action cohérent et intégré.« Il ne s’agit plus d’agir en silo. Tous les points focaux doivent désormais regarder dans la même direction pour permettre une mise en œuvre efficace et durable des engagements internationaux », conclut M. Dioumessy.

Représentant la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Dr Diao Baldé, chef de cabinet, a mis en lumière les enjeux stratégiques de cette initiative pour la Guinée :« Ces conventions apportent chacune un cadre fondamental pour la réduction des risques liés aux produits chimiques et aux déchets dangereux. Mais leur mise en œuvre fragmentée crée des obstacles, tant institutionnels que financiers. »
Le projet lancé s’étale sur trois ans. Il a pour ambition d’harmoniser les actions, d’optimiser les ressources, et surtout de renforcer les capacités nationales pour une gestion efficace, durable et conforme aux engagements internationaux.
Parmi ses objectifs majeurs :
- Renforcer les capacités institutionnelles et techniques pour une meilleure gestion des produits chimiques et des déchets dangereux ;
- Améliorer la mise en œuvre des conventions à travers une approche intégrée et cohérente ;
- Encourager le partage d’informations et de bonnes pratiques entre tous les acteurs concernés ;
- Impliquer activement l’ensemble des parties prenantes : pouvoirs publics, secteur privé, société civile, communautés locales ;
- Promouvoir une gestion responsable, respectueuse de la santé humaine et de l’environnement.
« Ce projet appelle à la prise de conscience collective. Chacun, à son niveau, doit mesurer l’ampleur des défis liés aux produits chimiques dans notre pays », a insisté Dr Baldé, invitant les participants à faire preuve de détermination, d’esprit collaboratif et d’engagement concret tout au long de la mise en œuvre du projet.
En rassemblant les énergies autour d’un objectif commun — un avenir plus sûr, plus sain et durable pour tous —, la Guinée montre sa volonté de ne plus subir les effets des pollutions chimiques, mais d’y répondre par une gouvernance proactive, structurée et solidaire.
Aboubacar Moussa Camara
622 42 41 87









