La Direction préfectorale de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle de Boké a annoncé le renvoi disciplinaire de cinq élèves lycéennes inscrites dans les lycées N’Dama et Mohamed VI. Cette décision fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos jugées inappropriées, selon un arrêté signé par Ibrahima Fofana, directeur préfectoral de l’Éducation. (Image d’archives)
Au nombre de cinq, toutes régulièrement inscrites dans ces établissements, les jeunes filles sont mises en cause pour la publication de contenus portant, selon l’administration scolaire, « gravement atteinte aux valeurs morales, à la discipline scolaire, ainsi qu’à l’image et à la réputation de l’école guinéenne ».
Dans un contexte où l’usage des réseaux sociaux par les élèves suscite de plus en plus d’interrogations au sein de la communauté éducative, cette affaire a rapidement pris de l’ampleur, alimentée par le partage massif des vidéos incriminées.
« Il nous a été donné de constater avec regret, à travers les réseaux sociaux, la diffusion de vidéos dites insolites, mises en scène et réalisées dans une concession familiale située à la cité CBG, bâtiment n°C40. Ces vidéos ont été publiées par des élèves relevant de nos établissements », a expliqué M. Fofana.
Après vérification des faits, auditions des intéressées et analyse du contenu diffusé, l’administration conclut à une violation manifeste du règlement intérieur et du code de conduite de l’école guinéenne. Pour les autorités éducatives, il ne s’agit pas seulement d’un manquement individuel, mais d’un acte susceptible d’impacter l’ensemble de la communauté scolaire et de ternir l’image des établissements concernés.
Le directeur préfectoral rappelle par ailleurs que des campagnes de sensibilisation sur l’usage responsable des réseaux sociaux sont régulièrement organisées dans les établissements. Malgré ces efforts, déplore-t-il, certains comportements persistent et peuvent entraîner des conséquences lourdes, surtout lorsque leur diffusion dépasse le cadre privé pour devenir publique et virale.
Des sanctions disciplinaires assorties de mesures correctives
En conséquence, et conformément aux dispositions disciplinaires en vigueur, la Direction préfectorale a décidé :
le renvoi de toutes les élèves concernées de l’ensemble des écoles guinéennes du 16 février au 3 juillet 2026 ;
la reprise éventuelle de leur scolarité sous condition d’un engagement écrit et signé des deux parents ;
le remplacement immédiat de l’encadrement du lycée N’Dama ;
ainsi que la lecture et l’explication des règlements intérieurs et du code de conduite dans tous les établissements publics et privés, du 17 février au 17 mars 2026.
Au-delà de la sanction individuelle, ces mesures traduisent une volonté plus large de renforcer la discipline et de rappeler les normes encadrant la vie scolaire. Le remplacement de l’encadrement du lycée N’Dama, en particulier, témoigne d’une intention d’instaurer un suivi plus rigoureux et une vigilance accrue.
Une décision ferme, mais à visée éducative
Toutefois, précise M. Fofana, cette décision, bien que ferme, se veut également éducative. « Nous exhortons les élèves concernées à tirer les leçons de cette situation et à adopter, à l’avenir, un comportement responsable et respectueux des normes sociales et éducatives », a-t-il souligné.
L’objectif affiché par l’administration n’est donc pas uniquement punitif, mais aussi pédagogique : rappeler aux élèves que les actes posés dans la sphère privée peuvent avoir des répercussions publiques importantes à l’ère du numérique.

À noter que les jeunes filles mises en cause avaient, dans un premier temps, présenté des excuses à travers une vidéo diffusée sur la plateforme Facebook du groupe Meta.
Cette affaire relance ainsi le débat sur l’encadrement de l’usage des réseaux sociaux en milieu scolaire et sur l’équilibre délicat entre discipline, éducation et accompagnement des jeunes dans un environnement numérique en constante évolution.

 

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