À travers une cérémonie riche en émotions et en plaidoyers en faveur de l’inclusion, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) a distingué, ce vendredi 22 mai 2026, les meilleures enseignantes-chercheures et étudiantes du pays. Organisée à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, cette initiative met en lumière le rôle croissant des femmes dans le développement scientifique et universitaire de la Guinée, tout en relançant le débat sur leur faible représentativité dans les filières scientifiques et les postes de décision.
Présidée par la cheffe de cabinet du département, la professeure Fatou Touré, au nom de la ministre Diaka Sidibé, la rencontre a mobilisé plusieurs cadres du MESRS, des responsables universitaires, des chercheurs ainsi que de nombreuses étudiantes venues célébrer les performances féminines dans l’enseignement supérieur.
Dans son allocution, Bintougbè Diakité Kaba a salué les avancées enregistrées dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur tout en rappelant les défis persistants liés à la représentativité des femmes dans les carrières scientifiques et académiques.
« En honorant aujourd’hui des enseignantes-chercheures, des chercheurs et des étudiantes d’exception, nous reconnaissons leur performance individuelle dans un processus global de transformation de notre système d’enseignement supérieur », a-t-elle déclaré devant les invités.

Elle a souligné que les réformes engagées ces dernières années traduisent une volonté politique affirmée de faire de l’enseignement supérieur un véritable levier de développement national. Parmi les acquis évoqués figurent l’amélioration de l’offre de formation, la professionnalisation des filières, le renforcement de la recherche scientifique ainsi que la modernisation des infrastructures universitaires.
Selon elle, ces progrès s’inscrivent pleinement dans la dynamique du programme Simandou 2040, considéré comme un projet structurant pour le développement de la Guinée. Toutefois, elle a insisté sur le fait qu’aucune transformation durable ne saurait être possible sans une intégration effective de la dimension genre et équité.
« Il ne peut y avoir de progrès durable sans justice sociale ni d’excellence sans inclusion », a-t-elle affirmé, déplorant la faible présence des femmes dans les filières scientifiques, les postes de responsabilité et les carrières académiques.
Des actions concrètes pour promouvoir les femmes dans les sciences
La cheffe du service Genre et Équité du MESRS a également présenté plusieurs initiatives mises en œuvre par son département pour favoriser l’inclusion et l’autonomisation des femmes dans l’enseignement supérieur.
Parmi les actions majeures citées figure un programme de formation destiné à 250 femmes PHD d’ici 2035, avec pour objectif de renforcer leurs capacités, encourager leur leadership et favoriser leur autonomisation professionnelle.
Le MESRS a également mené plusieurs campagnes de sensibilisation contre le harcèlement en milieu universitaire, touchant étudiants, étudiantes et acteurs académiques. Ces activités ont contribué à instaurer une culture de tolérance zéro face aux violences et discriminations dans les institutions d’enseignement supérieur.
Dans la même dynamique, un diagnostic organisationnel sur le genre dans l’enseignement supérieur a été réalisé en partenariat avec Expertise France et l’Agence française de développement (AFD), afin d’identifier les insuffisances existantes et proposer des pistes d’amélioration pour renforcer l’institutionnalisation du genre dans les universités guinéennes.
Le département a aussi procédé à la vulgarisation d’un document de référence sur la lutte contre le harcèlement en milieu universitaire, aujourd’hui utilisé comme outil de prévention, de gestion et de suivi des cas signalés.
Des résultats encourageants et des parcours inspirants
Selon les données présentées lors de la cérémonie, les Prix d’excellence produisent déjà des effets significatifs sur les parcours professionnels des anciennes lauréates.
D’après les enquêtes réalisées par le service Genre et Équité, plus d’une lauréate sur deux, soit 56,2 %, affirme avoir connu une progression professionnelle après l’obtention du prix. Certaines ont accédé à des grades supérieurs, notamment celui de maître-assistant, tandis que d’autres ont pu financer des recherches de terrain ou développer des initiatives innovantes au sein de leurs institutions.
L’impact le plus visible reste l’accroissement des responsabilités académiques et d’encadrement confiées aux bénéficiaires, notamment dans l’accompagnement des étudiantes et la conduite de projets scientifiques.
Pour Bintougbè Diakité Kaba, ces femmes représentent aujourd’hui des modèles inspirants pour la jeune génération.
« Vous êtes les ambassadrices de l’excellence. Votre détermination, votre travail acharné et votre engagement vous ont distinguées », a-t-elle lancé à l’endroit des lauréates.
Un plaidoyer pour renforcer l’équité dans l’enseignement supérieur
Malgré les avancées enregistrées, les responsables du MESRS reconnaissent que de nombreux défis restent à relever, notamment en matière de financement, de féminisation des postes stratégiques et d’intégration du genre dans les programmes de formation.
Le service Genre et Équité a ainsi plaidé pour un soutien accru des autorités, des partenaires techniques et financiers ainsi que des institutions internationales afin de renforcer les mécanismes d’accompagnement des femmes dans l’enseignement supérieur.
À travers cette cérémonie, le MESRS réaffirme sa volonté de promouvoir une université plus inclusive, équitable et favorable à l’émergence d’une nouvelle génération de femmes scientifiques capables de contribuer pleinement au développement de la Guinée
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