Quelques semaines seulement après l’annonce faite à Abidjan par le Premier ministre Amadou Oury Bah, qui affirmait que des élections se tiendraient d’ici décembre, une nouvelle déclaration jette le doute sur la concrétisation de cet engagement. En effet, le porte-parole de la présidence guinéenne, s’exprimant devant la presse, a exprimé son incapacité à confirmer une quelconque date électorale, révélant une divergence notable au sommet de l’État.

« Je ne suis pas en mesure de vous donner une date concernant les élections. On a un engagement ferme qui a fait l’objet d’un décret. Le référendum, on va le tenir le 21 septembre de cette année. Quand on a une constitution, sur la base de la constitution, on va organiser des élections. Je l’ai dit tantôt sans détails, que toutes les institutions issues de la nouvelle constitution, vont être mises en place. Ce qui devrait être fait par élection va se faire. »

Ces propos laissent entendre que l’organisation des scrutins reste conditionnée à l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale. Pourtant, le Premier ministre semblait bien plus affirmatif il y a quelques semaines, évoquant même un couplage de certains scrutins avant la fin de l’année. Une déclaration que le porte-parole de la présidence semble désormais relativiser :

« Pour revenir sur une prise de parole du Premier ministre, chef du gouvernement, qui a dit que cette année, on va coupler telle élection et telle autre. En tant que porte-parole de la présidence, je ne suis pas en mesure de vous donner une date par rapport à la tenue des élections. Mais nous allons faire de cette année, conformément à la déclaration du chef de l’État, une année électorale. Et la première des choses, c’est d’avoir une constitution. Quand nous aurons une constitution, on va faire des élections. »

Ce désalignement entre les deux hauts responsables de l’exécutif relance les interrogations sur le calendrier électoral en Guinée. Si l’intention d’aboutir à un processus démocratique semble intacte, les modalités et le timing restent flous, voire contradictoires. L’année 2025 sera-t-elle véritablement électorale, comme promis ? Rien n’est moins sûr.

 

Aboubacar Moussa Camara

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