Le malaise enfle au sein de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD). Dans plusieurs communes du pays, la publication des listes des membres fondateurs du parti présidentiel suscite incompréhensions, frustrations et contestations ouvertes. Après Matam le week-end dernier, c’est désormais Dixinn qui se retrouve au cœur de la tourmente.
À Dixinn, un grand meeting de protestation a réuni des responsables de mouvements de soutien au président Mamadi Doumbouya. Les contestataires dénoncent la liste des 20 membres fondateurs retenus pour la commune, qu’ils jugent non représentative des réalités du terrain.

Selon eux, le président de la délégation spéciale de Dixinn, le colonel Mohamed Camara, ainsi que la directrice de campagne Hadja Fatou Siké, auraient privilégié certains conseillers communaux et d’autres profils considérés comme « anonymes », au détriment d’acteurs engagés depuis les premières heures de la transition.
Dans une déclaration officielle, la jeunesse et les femmes de la GMD de Dixinn expriment « de légitimes interrogations » et une « vive préoccupation » après la publication de la liste nationale des membres fondateurs du parti présidentiel.
« Une réelle problématique d’équité et de reconnaissance »
Les signataires rappellent leur implication constante depuis les événements du 5 septembre, sous le leadership du président Mamadi Doumbouya. Ils mettent en avant :
leur engagement dans les phases de pré-campagne et de campagne ;
leur rôle dans la mobilisation des jeunes, des femmes et des sages de Dixinn ;
leur contribution à l’implantation et à la structuration locale du mouvement.
À leurs yeux, leur absence sur la liste soulève « une réelle problématique d’équité, de reconnaissance et de justice interne ». Ils affirment ne pas reconnaître la liste des 20 membres fondateurs, estimant qu’elle « ne reflète ni la réalité du terrain ni la représentativité des forces militantes locales ».
La méthode de sélection est qualifiée d’« opaque », « non inclusive » et « déconnectée des dynamiques de base ».
Des demandes claires : révision et démissions
Au-delà de la contestation symbolique, les frondeurs formulent des revendications précises :
La révision immédiate de la liste des 20 membres fondateurs à Dixinn.
La démission du président de la délégation spéciale, accusé d’avoir montré ses limites en matière d’inclusivité et de concertation.
Le remplacement de la directrice de campagne locale, dont l’attitude est jugée « clivante » et « préjudiciable à la cohésion du parti ».
Une évaluation sérieuse du fonctionnement interne de la coordination communale.
Selon eux, sans correction rapide, ces dysfonctionnements risquent d’installer un climat durable de méfiance et de fragiliser l’unité militante.
Malgré la fermeté du ton, les signataires prennent soin de préciser que leur démarche ne vise ni la division ni une remise en cause de l’autorité centrale. Ils réaffirment leur fidélité à la vision de refondation portée par le président Mamadi Doumbouya ainsi que par le Premier ministre Amadou Oury.
Pour eux, la consolidation d’un parti fort passe par l’écoute des bases, la correction des déséquilibres internes et la valorisation des militants qui ont œuvré à son implantation.
Un signal d’alerte pour la GMD
La situation de Dixinn, après celle de Matam, révèle un défi majeur pour la GMD : transformer l’élan populaire en une organisation structurée, inclusive et consensuelle. À l’heure où le parti cherche à asseoir durablement sa crédibilité, la gestion des frustrations locales pourrait devenir un test déterminant pour sa cohésion nationale.
La balle est désormais dans le camp des instances dirigeantes, appelées à trancher entre maintien des choix contestés ou ouverture d’un dialogue susceptible d’apaiser les tensions.
Aboubacar Moussa Camara
622 42 41 87









