Le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 constitue un exercice de crédibilité budgétaire et de réalisme économique pour la Guinée. À mi-parcours de l’exécution budgétaire, l’évolution des conjonctures nationale et internationale impose des ajustements afin de tenir compte des nouvelles contraintes et de garantir une clôture de l’exercice conforme aux priorités de l’État.
Dans ce cadre, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a engagé des consultations avec la commission des affaires financières de l’Assemblée nationale, en mettant initialement l’accent sur la mobilisation des recettes internes et la sécurisation des financements extérieurs.
« Pour cette LFR 2026, nos travaux ont débuté par des échanges approfondis avec la commission des affaires financières de l’Assemblée nationale, en se concentrant d’abord sur le volet des recettes. Ces discussions ont porté principalement sur la mobilisation des ressources internes, ainsi que sur les financements extérieurs incluant les emprunts et autres ressources sécurisées destinés à renforcer notre budget et à financer notre développement », a précisé la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla.
Conformément à la vision du Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, la protection du pouvoir d’achat des Guinéens demeure une priorité majeure. Malgré les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les cours des hydrocarbures, le gouvernement entend maintenir le prix du carburant à la pompe à 12 000 francs guinéens.
Selon les prévisions de la LFR 2026, plus de 5 400 milliards de francs guinéens seront consacrés, sur l’ensemble de l’année, aux appuis budgétaires nécessaires au maintien de ce prix. Un effort financier important, alors que plusieurs pays ont opté pour des hausses tarifaires face à la crise énergétique mondiale.
Cette politique vise à limiter les effets de l’augmentation des coûts du carburant sur le transport, la logistique et, par conséquent, sur les prix des biens et services. Dans une économie fortement dépendante des importations, la maîtrise de ces coûts constitue un enjeu essentiel pour préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Les échanges avec les parlementaires ont également permis d’aborder plusieurs enjeux liés à la gouvernance des finances publiques, notamment le recouvrement des recettes fiscales, douanières et non fiscales, ainsi que la répartition territoriale des ressources destinées aux collectivités locales.
« Nos échanges avec les honorables députés ont été particulièrement riches. Ils ont formulé des questions pertinentes sur les niveaux de recouvrement des recettes fiscales, douanières et non fiscales, tout en veillant au respect de la territorialité dans l’allocation des ressources destinées aux collectivités locales », a souligné Mariama Ciré Sylla.
Le contrôle des volumes de minerais exportés figure également parmi les préoccupations majeures. L’objectif est de renforcer la traçabilité de la production nationale et de garantir à la Guinée une meilleure valorisation financière de ses ressources minières.
Ces consultations, nourries de propositions et de critiques constructives, doivent contribuer à améliorer l’efficacité de l’action publique et à renforcer la transparence dans la gestion des ressources nationales.
« Les travaux se poursuivent intensément avec les différentes commissions de l’Assemblée Nationale. Une fois le volet des recettes définitivement bouclé, nous ouvrirons celui des dépenses, tout aussi stratégique pour la suite de l’exercice budgétaire », a conclu la ministre.
À travers la LFR 2026, le gouvernement entend ainsi adapter ses prévisions aux réalités économiques, préserver les acquis sociaux et consolider les mécanismes de mobilisation et de gestion des ressources publiques.
Aboubacar Moussa Camara
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