L’installation du nouveau Directeur général de la Société des eaux de Guinée (SEG), ce mercredi 17 juin 2026, a été marquée par de graves révélations sur l’état financier et social de l’entreprise publique. À cette occasion, le président du Conseil d’administration (PCA), Alpha Yaya Sow, a dressé un tableau particulièrement alarmant de la situation héritée par la nouvelle direction.
Selon la communication de Sow, la SEG fait face à une accumulation de dettes qui menace son équilibre financier et son fonctionnement quotidien. En plus d’importantes créances dues aux fournisseurs et aux banques, l’entreprise affichait un découvert bancaire estimé à près de 19 milliards de francs guinéens au moment de la prise de fonction de l’actuel Conseil d’administration.
Au-delà des difficultés financières, Alpha Yaya Sow a pointé du doigt de sérieux manquements dans la gestion antérieure de la société.
Parmi les irrégularités évoquées figurent notamment des dettes fiscales liées à la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Selon le PCA, cette taxe était régulièrement collectée auprès des abonnés sans être reversée au Trésor public, en violation des obligations légales de l’entreprise.
La situation est tout aussi préoccupante sur le plan social. Les cotisations salariales et patronales destinées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) n’auraient pas été transférées comme l’exige la réglementation, créant ainsi un lourd passif social.
Des conséquences dramatiques pour les travailleurs
Cette défaillance dans le paiement des cotisations sociales a eu des répercussions directes sur les employés de la société. Selon Alpha Yaya Sow, certains agents ayant consacré plusieurs décennies de leur vie professionnelle à la SEG se sont retrouvés privés de leurs droits à la retraite.
« Un travailleur pouvait effectuer jusqu’à 25 ans de service au sein de la société et partir à la retraite sans bénéficier de pension », a-t-il révélé, illustrant l’ampleur de la crise sociale qui secoue l’entreprise.
Un immense chantier de redressement
Le nouveau Directeur général prend ainsi les commandes d’une société confrontée à des défis majeurs, tant sur les plans financier, administratif que social. Entre l’assainissement des comptes, la régularisation des dettes fiscales et sociales, ainsi que la restauration de la confiance des partenaires et des employés, la mission qui l’attend s’annonce particulièrement complexe.
Dans un contexte où l’accès à l’eau potable demeure un enjeu stratégique pour des millions de Guinéens, le redressement de la SEG apparaît désormais comme une priorité nationale.
Aboubacar Moussa Camara









