À peine installés dans leurs fonctions, les nouveaux exécutifs communaux sont déjà prévenus. Au lendemain de leur prise de fonction, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, a adressé un message de fermeté aux élus locaux, rappelant que la rigueur dans la gestion des collectivités sera une exigence absolue. En cas de graves défaillances, il n’exclut pas le recours aux délégations spéciales, un mécanisme légal prévu par les textes.

Saluant une étape importante dans le processus de normalisation institutionnelle, le ministre a rappelé que l’installation des 8 705 conseillers communaux, composés en majorité de femmes et de jeunes, ainsi que l’élection de 375 maires et 1 149 vice-maires sur l’ensemble du territoire national, marque officiellement la fin des missions confiées aux délégations spéciales.

« Avec l’installation de 8 705 élus comprenant majoritairement des femmes et des jeunes, et l’élection de 375 maires et 1 149 vice-maires sur toute l’étendue du territoire national, notre pays met définitivement fin aux missions transitoires dévolues aux délégations spéciales », a déclaré Ibrahima Kalil Condé.

Si le retour à une gouvernance issue des urnes constitue une avancée majeure pour la décentralisation, le ministre a toutefois insisté sur le fait que cette légitimité démocratique ne dispense aucun élu de ses responsabilités. Il a averti que l’État continuera à exercer une surveillance étroite sur la gestion des collectivités locales.

Selon lui, les délégations spéciales, bien que désormais reléguées au second plan, demeurent un instrument juridique dont le gouvernement peut se servir pour préserver l’intérêt général lorsque les circonstances l’exigent.

« Il est important de rappeler que si la normalisation démocratique réaffirme la prépondérance des élus, le recours à la pratique des délégations spéciales demeure un instrument légal de normalisation, de régulation et de sauvegarde de l’intérêt général prévu par le Code révisé des collectivités locales », a-t-il souligné.

Le ministre a également fixé les lignes rouges à ne pas franchir. Toute mauvaise gouvernance, tout désordre budgétaire ou toute inconduite grave d’élus locaux pourrait entraîner une intervention de l’État.

« Le gouvernement n’hésitera pas à faire usage de cette prérogative républicaine pour pallier d’éventuelles défaillances de gestion, retrouver l’ordre budgétaire ou remédier à l’inconduite notoire d’élus locaux, garantissant ainsi que le service public de proximité ne soit jamais interrompu », a-t-il averti.

Pour Ibrahima Kalil Condé, cette nouvelle étape de la décentralisation s’inscrit dans la politique de refondation de l’État engagée par les autorités. Il a appelé les nouveaux responsables communaux à privilégier l’efficacité, le rassemblement et le développement local, au-delà des considérations partisanes.

« Cette nouvelle gouvernance locale s’inscrit en parfaite adéquation avec le contenu de la lettre de politique nationale de décentralisation et de développement local. L’heure n’est plus à la compétition partisane, elle est au rassemblement des compétences, à la réconciliation des esprits et au travail constructif au service de nos concitoyens », a rappelé le ministre.

Par cette mise en garde, le gouvernement entend fixer le cap dès le début du mandat des nouvelles équipes communales : la confiance accordée par les électeurs devra s’accompagner d’une gestion exemplaire, sous peine de voir l’État reprendre la main au nom de la continuité du service public et de la préservation de l’intérêt général.

 

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