Chères consœurs et confrères,
Mesdames et Messieurs,
Le 36ème anniversaire de la déclaration de WINDHOEK qui a donné
naissance à la journée internationale de la liberté de la presse que nous
célébrons aujourd’hui, marque une étape importante de la lutte pour la
liberté de la presse dans toutes les régions du monde. Cette déclaration
de WINDHOEK affirme clairement que la liberté de la presse est
indispensable à l’existence de la démocratie et constitue une aspiration
fondamentale de la personne humaine.
Il n’est pas superflu de rappeler que cette déclaration de Windhoek
n’est rien d’autre que la réaffirmation de l’article 19 de la déclaration
universelle des droits de l’homme de 1948 qui stipule que : « Tout
individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique
le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher,
de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les
informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce
soit. »
En ces instants de ferveur, mais aussi de souvenir, nous nous inclinons
pieusement devant la mémoire de tous les journalistes guinéens
arrachés à notre affection en 2025 et au début de cette année, sans
oublier d’adresser nos sincères vœux de prompt rétablissement à
toutes celles et à tous ceux qui sont malades alités dans les hôpitaux,
dans les foyers ou en état de convalescence.
En dehors de son caractère festif, la journée du 3 Mai est surtout une
opportunité solennelle pour nous journalistes de rappeler à notre
gouvernement et au public, l’importance de la liberté de la presse et le
fait que des bonnes volontés ainsi que des organisations de la société
civile continuent de lutter dans notre pays et à travers le monde pour
conquérir ou restaurer cette liberté. C’est aussi l’occasion d’interpeller les décideurs politiques et les patrons de presse sur leur rôle et
responsabilité pour l’amélioration conséquente de nos conditions de
vie et de travail.
Si nous pouvons nous réjouir aujourd’hui du fait qu’aucun journaliste
guinéen n’est en prison ou devant les barreaux, mais les défis et les
contraintes demeurent nombreux et persistants.
Chers consœurs et confrères,
Mesdames et Messieurs,
Le classement mondial 2026 de la liberté de la presse, relève que plus
de la moitié des pays sont en situation « difficile » ou très grave. Selon
Reporters-Sans-Frontières, en 25 ans, le score moyen de l’ensemble
des pays étudiés n’a jamais été aussi bas. Il ressort de ce classement
que la Guinée occupe le 111è rang sur 180 pays évalués. Au regard de
ce tableau peu reluisant, notre pays qui avait perdu 7,5 points l’année
dernière et 25 places dans le classement, continue hélas, de chuter
pour perdre encore 4 points cette année.
Sans vouloir nous voiler la face, il importe de reconnaitre que :
– La fermeture de certains médias de grande écoute depuis 2O24 ;
– La disparition de notre confrère Habib Marouane Camara il Ya
près de deux ans ;
– Les agressions récurrentes contre les journalistes ;
– Les menaces et intimidations fréquentes d’individus connus ou
anonymes qui planent sur les journalistes ;
– Les multiples et nombreuses suspensions des journalistes ainsi ;
que des médias dont ils relèvent ;
– Les conditions précaires des femmes et des hommes des médias
et autres coupures intempestives d’internet, figurent parmi les
causes les plus connues et les plus fréquemment citées.
Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, pour
inverser la tendance en vue d’améliorer la position de la guinée
au prochain classement mondial de la liberté de la presse.
EN GUINEE, recommande :
AU GOUVERNEMENT :
✓ De diligenter des enquêtes judiciaires sur la disparition de
Habib Marouane Camara ;
✓ De garantir davantage la liberté de la presse, la liberté
d’expression et le droit à l’information ;
✓ De renforcer la protection et la sécurité des journalistes en
tous lieux et en toutes circonstances ;
✓ D’assurer un traitement équitable de tous les journalistes
dans la couverture des événements officiels ;
✓ De finaliser le processus d’acquisition de la convention
collective des journalistes des médias privés ;
✓ D’améliorer et actualiser le cadre légal régissant la presse
guinéenne ;
✓ D’accompagner techniquement, matériellement et
financièrement la numérisation des médias publics et
privés.
AUX ASSOCIATIONS ET ORGANISATIONS DES
MEDIAS :
✓ De veiller sans relâche au respect de l’éthique et de la
déontologie qui régit l’exercice du métier de journaliste ;
✓ De préserver la paix, la cohésion sociale et l’unité
nationale ;
✓ De renforcer la collaboration, la confraternité et la
solidarité au sein de la corporation afin de préserver et
garantir les intérêts matériels et moraux de tous les
journalistes.
BONNE FETE A TOUTES ET A TOUS !









