À quelques heures du lancement officiel de la campagne électorale pour les élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026, la Directrice générale des élections, Madame Camara Djenabou Touré, a fait une sortie médiatique pour apporter des précisions sur le déroulement du processus électoral en cours en Guinée.

Selon elle, toutes les étapes majeures ont été franchies conformément au calendrier réajusté, notamment après la prorogation du dépôt des candidatures, initialement fixé au 29 mars et repoussé au 3 avril 2026 à la demande de plusieurs acteurs politiques. Elle rappelle que les listes définitives pour les législatives sont déjà disponibles au greffe de la Cour suprême, marquant ainsi une étape décisive avant l’ouverture de la campagne.

Au cours de son intervention, la patronne de la DGE est revenue sur le retrait du FRONDEG du processus électoral, une décision communiquée par courrier par le parti dirigé par Abdoulaye Yéro Baldé. Elle a tenu à préciser que cette démarche n’a pas été simplement actée, mais analysée dans le cadre légal, en apportant des éléments de clarification sur les griefs soulevés. « Au cours de ce processus, malheureusement, nous avons un parti politique qui, par voie du CIE, a adressé un courrier à la Direction générale des élections, notamment le FRONDEG, nous annonçant son retrait du processus électoral en cours. Dans ce courrier, quatre points sont évoqués, notamment le rejet injustifié et non notifié des candidatures communales, en violation de l’article 242 du code électoral, la fixation unilatérale des cautions électorales, le refus d’encaissement par le Trésor et la violation des règles d’inéligibilité. Pour la DGE, il ne s’agissait pas seulement de prendre acte de ce retrait, mais d’apporter des clarifications précises afin de rétablir les faits et situer les responsabilités dans le strict respect du cadre légal », précise-t-elle.

Elle insiste sur le fait que la DGE a fait preuve de flexibilité en prorogeant les délais et en facilitant le paiement des cautions, tout en refusant de nouvelles dérogations au-delà des limites légales.

Dépôt des candidatures et contentieux : la justice comme arbitre

La Directrice générale des élections a également rappelé que plusieurs recours ont été introduits devant les juridictions compétentes et que certains candidats ont été rétablis par décision de justice. Elle affirme que la DGE s’est conformée à toutes les décisions rendues, notamment par la Cour suprême.

Selon elle, le processus électoral suit son cours normal, malgré les contestations, grâce aux mécanismes de recours prévus par la loi.

Polémique autour du Bloc Libéral et de la GMD

Évoquant les critiques formulées par certains acteurs politiques, notamment Dr Faya Lansana Milimono, président d’honneur du Bloc Libéral (BL), et le mouvement Génération pour la Modernité et le Développement, la Directrice générale des élections a tenu à recadrer le débat sur la légitimité et la responsabilité des intervenants dans le processus. « Publiquement, vous avez organisé un congrès, vous avez quitté la direction active de votre parti pour en devenir président d’honneur. Dès lors, au regard des textes, vous ne pouvez plus vous exprimer au nom du parti ni engager des recours au nom des listes. C’est désormais au président en exercice d’assumer cette responsabilité. En ce qui concerne la GMD, il est important de préciser que la DGE n’a aucun lien avec ce mouvement. La confusion entretenue dans l’opinion est infondée, d’autant plus que des recours ont été introduits par des candidats issus de cette structure contre la DGE elle-même devant les juridictions compétentes. »

Elle a par ailleurs évoqué les conflits internes au sein de certains mouvements politiques, notamment la multiplicité de listes et les cas de signatures contestées, qui ont compliqué le traitement des candidatures.

Malgré les tensions observées, la DGE se veut rassurante. Madame Camara Djenabou Touré affirme que toutes les dispositions sont prises pour garantir la transparence et la crédibilité du scrutin.

Elle insiste sur le rôle de la justice comme régulateur du processus et appelle les acteurs politiques à privilégier les voies légales plutôt que les déclarations dans la presse.

 

 

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