Le palais Mohammed V réorganise en profondeur sa vitrine médiatique. Ce vendredi 17 avril 2026, le chef de l’État Mamadi Doumbouya a redéfini les prérogatives de la Direction de la Communication et de l’Information (DCI) de la Présidence, marquant un tournant décisif dans la manière dont le pouvoir exécutif entend informer, influencer et dialoguer avec les citoyens.
Veille numérique renforcée, stratégie digitale ciblée, riposte contre les fake news, communication inclusive et gestion proactive des crises, accessibilité en braille et en langues locales… La Présidence de la République amorce une modernisation ambitieuse de son appareil de communication. Avec ces nouvelles orientations, la DCI se positionne désormais comme un véritable centre névralgique, une tour de contrôle chargée de piloter l’image et la parole présidentielle.
Longtemps perçue comme un simple organe de couverture médiatique, la Direction de la Communication et de l’Information change de dimension. Érigée au rang de Direction Générale, elle voit ses missions considérablement élargies. De la lutte contre la désinformation à la promotion de l’inclusion linguistique et numérique, la DCI devient un instrument stratégique au cœur de la gouvernance. Placée sous l’autorité directe du Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence, elle s’impose comme l’unique pilote de la stratégie d’image et d’influence du chef de l’État.

Le décret adopté vendredi soir introduit une exigence de veille permanente. Au-delà de l’organisation de l’agenda présidentiel et de la couverture des activités officielles, la DCI est désormais chargée de « détecter, analyser et réfuter les fausses informations ». Dans un environnement numérique de plus en plus dense et parfois instable, cette mission traduit une volonté claire : protéger la crédibilité de l’institution et renforcer la maîtrise du narratif public.
Dans cette optique, une unité dédiée à la veille numérique permanente est mise en place. Elle aura pour rôle de surveiller l’écosystème digital, de gérer la réputation du Chef de l’État et de sécuriser les plateformes officielles. La DCI devra également produire des argumentaires pour le porte-parole de la Présidence et contribuer activement à la rédaction des discours officiels, renforçant ainsi la cohérence et l’impact des messages institutionnels.
Autre innovation majeure : le rapprochement avec les citoyens. La communication présidentielle ne se limite plus à une diffusion descendante de l’information. Elle se veut désormais plus accessible, plus compréhensible et plus inclusive. La DCI est ainsi chargée de contextualiser et de vulgariser les messages du Chef de l’État dans les principales langues nationales (Poular, Malinké, Soussou, Kpèlè…), mais aussi en langues internationales comme l’anglais et l’arabe. Une démarche qui vise à élargir l’audience et à renforcer l’appropriation des messages par l’ensemble de la population.
L’accent mis sur l’inclusion constitue un autre pilier fort de cette réforme. Le décret présidentiel consacre une communication accessible à tous, notamment à travers :
l’intégration de la langue des signes ;
la production de contenus en braille pour les non-voyants ;
le recours à l’audio-description pour les personnes malvoyantes.
Ces mesures traduisent une volonté d’inscrire la communication publique dans une logique d’équité et de participation citoyenne.
Sur le plan administratif, la DCI change également de stature. Conformément à l’Article 2 du décret, elle bénéficie désormais d’un niveau hiérarchique équivalent à celui d’une Direction Générale de l’administration centrale. Pour mener à bien ses missions élargies, elle s’appuie sur une organisation structurée autour de quatre entités complémentaires :
une Division Information, Relations Publiques et Médias, en charge des interactions avec la presse nationale et internationale ;
une Division Technique Production et Équipement, responsable de l’archivage audiovisuel et de la gestion des infrastructures ;
une Division Digitale et Veille Stratégique, dédiée à l’influence numérique et à la riposte médiatique ;
un Service des Affaires Financières (SAF), garant de l’autonomie de gestion des ressources.
À la tête de cette architecture renforcée, le Directeur de la DCI, nommé par décret, dispose de prérogatives étendues. Il préside un comité de direction hebdomadaire, assure la coordination avec les institutions nationales et internationales de communication et veille à l’alignement entre la stratégie présidentielle et celles des différents ministères sectoriels.
À travers cette réforme, la Présidence guinéenne affiche une ambition claire : adapter sa communication aux exigences d’un monde hyperconnecté, tout en la rendant plus inclusive, réactive et stratégique. Une transformation qui pourrait redéfinir durablement les standards de la communication publique en Guinée.
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