Réunis à Conakry, experts, universitaires et décideurs africains planchent sur la mise en œuvre de l’Académie Virtuelle du CAMES, un projet structurant destiné à moderniser l’enseignement supérieur face aux défis de massification, de digitalisation et d’équité d’accès au savoir.

La capitale guinéenne Conakry abrite un important rendez-vous scientifique de portée régionale. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en collaboration avec le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), y organise un atelier consacré à la mise en œuvre opérationnelle de l’Académie Virtuelle du CAMES (AVI-CAMES).
Les travaux ont été officiellement lancés ce lundi 20 avril 2026 par la ministre Dre Diaka Sidibé, en présence du Secrétaire général du CAMES, le Pr Souleymane Konaté, ainsi que de nombreux responsables d’universités et d’institutions de recherche venus de plusieurs pays membres.


À l’ouverture, le Secrétaire général du ministère, Dr Facinet Conté, a précisé que cette rencontre vise notamment à évaluer l’état d’avancement des préparatifs et à poser les bases concrètes de cet atelier fondateur, appelé à structurer durablement l’enseignement supérieur dans l’espace CAMES.
Selon les responsables de l’organisation, cette initiative intervient dans un contexte marqué par de profondes mutations du système universitaire africain.
« Nos pays, confrontés à une forte croissance démographique et à l’augmentation rapide des effectifs universitaires, font face à une massification qui dépasse largement les capacités d’accueil en présentiel », a souligné le Pr Souleymane Konaté.
À ces contraintes s’ajoutent un déficit persistant en ressources humaines qualifiées, ainsi que des inégalités d’accès à l’éducation et à l’information entre les États membres. Le tout dans un environnement profondément transformé par l’essor du numérique et les nouvelles modalités de transmission des savoirs.
« Si nous n’agissons pas avec lucidité et solidarité, les pays de l’espace CAMES risquent de rester en marge des grandes dynamiques mondiales », a-t-il averti.
Face à ces défis, le CAMES entend opérer un repositionnement stratégique ambitieux. L’institution s’est dotée d’un plan de développement 2024-2028 visant à renforcer son rôle en matière d’évaluation scientifique et à en faire un véritable levier de développement durable pour ses États membres.
Dans cette dynamique, l’Académie Virtuelle du CAMES apparaît comme un outil structurant et innovant.


« Elle constitue un centre de services scientifiques et pédagogiques au profit des États, des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, mais aussi des organisations régionales et des collectivités locales », a expliqué le Pr Konaté.
Fondée sur la mutualisation des ressources et la digitalisation des services, l’AVI-CAMES ambitionne de proposer des solutions concrètes en matière de formation, de renforcement des capacités, de développement du numérique éducatif, mais aussi de production de données et d’accompagnement à l’intelligence artificielle.
« L’ambition est de briser les cloisonnements dans la science, l’éducation et l’innovation, au service du développement et de la paix », a-t-il ajouté.
Prenant la parole à son tour, la ministre Dre Diaka Sidibé, également présidente en exercice du CAMES, a salué la tenue de cet atelier à Conakry, qu’elle qualifie de « symbole d’un engagement politique fort ».
« Cette rencontre s’inscrit dans la volonté du gouvernement guinéen de renforcer la coopération avec les pays africains dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation », a-t-elle déclaré.
Au nom du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, elle a exprimé sa gratitude au CAMES pour la confiance accordée à la Guinée, soulignant que cet atelier constitue une étape décisive dans la concrétisation de l’Académie Virtuelle, issue d’une résolution adoptée en 2025.
« Face aux enjeux de massification et de souveraineté numérique, nous proposons une réponse concrète : la mutualisation des services pédagogiques », a-t-elle insisté, affirmant la volonté de son département de jouer un rôle moteur dans cette transformation.
Pour la ministre, l’enseignement supérieur doit plus que jamais être considéré comme un levier stratégique de développement du capital humain.


« À travers l’AVI-CAMES, nous offrons à nos chercheurs et étudiants des opportunités accrues de rayonnement à l’échelle internationale », a-t-elle soutenu.
En conclusion, Dre Diaka Sidibé a appelé les participants à des échanges constructifs afin d’aboutir à un consensus sur les textes fondateurs et à l’élaboration d’une feuille de route claire pour la période 2026-2027.
« Nous devons faire de cette Académie le socle d’un enseignement supérieur africain moderne, équitable et performant », a-t-elle lancé.

 

 

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