Dans une atmosphère empreinte de cordialité et portée par une volonté politique clairement affirmée, les Premiers ministres de la République de Guinée et de la Guinée-Bissau ont animé une conférence de presse conjointe à l’issue d’une visite de travail consacrée au renforcement de la coopération bilatérale. Cette rencontre marque une étape importante dans la redynamisation des relations entre deux États liés par l’histoire, la culture et la géographie.
Prenant la parole, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a salué une rencontre qu’il a qualifiée de « seconde retrouvaille », estimant qu’elle s’inscrivait « dans l’ordre naturel des choses ». Pour lui, cette dynamique traduit une volonté claire de relancer la coopération entre les deux pays et de « réaffirmer la ferme volonté des dirigeants […] de renforcer les liens traditionnels qui ont toujours existé entre les deux peuples ». Il a insisté sur le caractère stratégique de cette relance, dans un contexte régional où la solidarité entre États voisins constitue un levier essentiel de stabilité.
Dans cette optique, il a annoncé des perspectives concrètes à court terme : « Dans les prochaines semaines, des initiatives majeures vont être prises dans le cadre de la grande commission mixte entre la Guinée-Bissau et la République de Guinée », a-t-il déclaré, tout en exprimant sa satisfaction d’accueillir la délégation bissau-guinéenne. Ces initiatives devraient permettre de structurer davantage les échanges et de donner une impulsion nouvelle aux projets communs.
De son côté, le Premier ministre de Guinée-Bissau, Ilídio Vieira Té, a mis en avant la portée à la fois symbolique et politique de cette visite. « Cet accueil va bien au-delà du protocole diplomatique. Il reflète la profondeur des liens historiques, culturels et humains qui unissent nos deux pays », a-t-il affirmé. Il a rappelé que les relations entre les deux États dépassent le simple cadre du voisinage : « Ce sont des États frères, liés par un passé commun et par un avenir que nous avons la responsabilité de construire ensemble. »
Les échanges ont permis, selon lui, de consolider « une vision commune fondée sur la confiance, le respect mutuel et une ambition partagée ». Cette convergence de vues constitue, pour les deux gouvernements, une base solide pour aborder les défis communs avec plus de cohérence et d’efficacité.
Les discussions ont notamment porté sur des enjeux stratégiques majeurs tels que la sécurité, la gestion des frontières et le développement économique. Dans un contexte régional parfois marqué par des tensions et des défis sécuritaires, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de faire de leur frontière commune « un espace de coopération, de stabilité et de confiance ». Elles envisagent, à cet effet, de renforcer les mécanismes de coordination, de surveillance conjointe et de partage d’informations.
Sur le plan économique, plusieurs projets structurants ont été évoqués, notamment dans les secteurs portuaire et routier. L’objectif affiché est clair : favoriser l’intégration régionale et positionner les deux pays comme des pôles de développement en Afrique de l’Ouest. La mise en place de corridors économiques et de plateformes logistiques devrait faciliter les échanges commerciaux, améliorer la connectivité et stimuler les investissements.
La question énergétique a également occupé une place centrale dans les discussions. Le chef du gouvernement bissau-guinéen a reconnu « le rôle essentiel » joué par la Guinée dans l’approvisionnement énergétique de son pays, tout en appelant à une coopération plus équilibrée et durable. Il a évoqué des réformes en cours visant à moderniser le système énergétique de la Guinée-Bissau, à renforcer son efficacité et à diversifier ses sources d’approvisionnement.
Dans un ton résolument constructif, Ilídio Vieira Té a insisté sur l’importance du dialogue continu pour relever les défis communs : « Notre objectif n’est pas de rechercher des solutions ponctuelles, mais de construire un modèle plus équilibré, plus prévisible et surtout plus durable », a-t-il souligné. Cette vision à long terme traduit une volonté de bâtir un partenariat solide, capable de résister aux aléas conjoncturels.
Il a conclu sur une note d’espoir et de solidarité, résumant l’esprit de cette rencontre : « Lorsque deux pays frères dialoguent dans la confiance, les défis cessent d’être des obstacles et deviennent des chemins vers des solutions partagées et durables. » Une déclaration qui illustre l’ambition commune des deux nations de transformer leur proximité en un véritable moteur de progrès et de stabilité régionale.

 

 

Aboubacar Moussa Camara