Le verdict est tombé au Tribunal de Première Instance (TPI) de Mafanco. Reconnues coupables de plusieurs infractions commises via les réseaux sociaux, les artistes Yama Séga et Mariama Kaba, alias « Maya La Solution », ont été fixées sur leur sort ce lundi 20 avril 2026.
Après avoir entendu les aveux des deux prévenues ainsi que les réquisitions du ministère public, le juge Souleymane 1 Traoré a déclaré les deux femmes coupables des faits qui leur étaient reprochés. Le tribunal les a condamnées à une peine de deux (2) ans d’emprisonnement assortie de sursis, une décision qui se veut à la fois punitive et dissuasive.
Au-delà de cette peine, les deux artistes devront s’acquitter solidairement d’une amende de 40 millions de francs guinéens (GNF). Une autre mesure, particulièrement marquante, leur a été imposée : l’interdiction de toute publication sur les réseaux sociaux pendant une durée de deux (2) ans. Une restriction rare, qui souligne la volonté des autorités judiciaires d’encadrer plus strictement l’usage des plateformes numériques.
Yama Séga et Maya La Solution étaient poursuivies pour plusieurs chefs d’accusation, notamment : atteinte à l’ordre public, atteinte à la dignité des individus par le biais d’un système informatique, diffamation et injures.
Selon les éléments présentés à l’audience, l’affaire trouve son origine dans une série de « lives » diffusés sur Facebook, au cours desquels les deux artistes — autrefois proches — ont échangé des propos virulents, largement relayés et commentés sur la toile. Cette escalade verbale a rapidement dépassé le cadre privé pour devenir une affaire publique, suscitant indignation et débats au sein de l’opinion.
Face au tribunal, les deux prévenues ont exprimé des regrets, affirmant avoir agi sous le coup de la colère dans un contexte de tensions personnelles. Des déclarations qui n’ont toutefois pas suffi à les exonérer de leur responsabilité pénale.
Le procureur de la République, dans ses réquisitions, avait insisté sur la nécessité de préserver les valeurs sociales et de réguler l’usage des réseaux sociaux en Guinée, estimant que les dérives en ligne peuvent avoir des conséquences réelles sur la cohésion sociale.
La peine prononcée, bien que non assortie d’incarcération immédiate, n’en demeure pas moins lourde de conséquences. Le sursis signifie que les deux artistes ne seront pas emprisonnées dans l’immédiat, mais restent sous la menace d’une exécution de leur peine en cas de récidive durant la période prévue par la loi.
Cette décision judiciaire envoie un message clair : les propos tenus en ligne ne sont pas sans conséquences, et les réseaux sociaux ne constituent pas une zone de non-droit. Elle pourrait également marquer un tournant dans la manière dont les autorités guinéennes entendent encadrer les comportements numériques à l’avenir.
Dans un contexte où les plateformes digitales occupent une place croissante dans le débat public, cette affaire illustre les tensions entre liberté d’expression et responsabilité individuelle — un équilibre que la justice semble déterminée à faire respecter.
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