Par Mohamed Yarie TouréAu peule vaillant du Mali, à ces âmes résilientes qui traversent aujourd’hui une situation d’insécurité grandissante. Nous devons plus que les mots. Nous vous devons une voix.Le 25 avril, des attaques terroristes ont visé plusieurs localités maliennes, arraché des vies, brisé des familles. Nos pensées se tournent vers les victimes : des civils anonymes aux serviteurs de l’Etat tombés les armes à la main. Il est atroce de vivre dans la terreur, là où la préoccupation n’est plus le pain quotidien, mais le seul droit de respirer un jour de plus.Comment ignorer le regard de ces enfants, dont l’innocence est violée par une violence qu’ils ne comprennent pas ? Comment ne pas s’indigner pour ces femmes qui, au péril de leur vie, luttent chaque instant pour préserver leur dignité face à la cruauté ? Comment consoler ces maliens de la diaspora qui s’inquiètent au quotidien pour leurs familles ? De Kidal à Bamako, de Kita à Sévaré, de Tombouctou à Gao, le sol malien pleure. Mais ces larmes sont celles d’un peuple dont le patriotisme et la résilience forment un socle inébranlable.La sécurité collective, une urgence continentale.« Quand un loup attaque votre voisin, ne lui demandez pas seulement de le lâcher; exigez qu’il vous libère, tous. » Seule la langue soussou est capable de porter la profondeur de ce proverbe sans amoindrir ses nuances les plus subtiles. Cependant, la traduction de ce dicton dans une langue étrangère n’a rien enlevé de son caractère formel : le principe de la sécurité collective.L’insécurité au Mali n’est pas une ‘’ crise locale’’, c’est une préoccupation africaine. La place de l’Union Africaine et de la CEDEAO doit désormais se situer au-delà des communiqués de presse et des discours de circonstances.L’heure n’est plus aux paroles, mais à l’action. Agir au Mali, c’est agir pour le Sahel. Faire un front commun est un impératif, non seulement pour la stabilité sous régionale, mais pour la souveraineté même de notre continent. Un géant culturel et historique ne doit pas tomber.Le Mali ne doit pas tomber. Ce pays est un réservoir de talents, porté par une jeunesse patriote et lumineuse. C’est la terre de Seydou Keïta, de Fréderic Kanouté et d’Yves Bissouma ; c’est la voix épique de Salif Keïta et de Fatoumata Diawara ; c’est la Kora céleste de Toumani Diabaté. Sa culture rayonne, apaise et soigne au-delà de ses frontières.Plus encore, le Mali est le gardien d’une civilisation ancienne. Qui peut ignorer l’héritage de Soudjata Keïta et de l’empire du Mandingue ? Il est important de rappeler que la Charte de kurukan Fuga, proclamée en 1236, est l’une des plus vielles constitutions au Monde. Bien avant la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, elle affirmait : « chacun a droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique. » Certains historiens y voient, à juste titre, la source d’inspiration universelle de la dignité humaine. En gravant ces principes dans les creux de l’histoire, le Mali a dégonflé la propagande véhiculant des représentations stéréotypées, des métaphores coupées du réel, comme celle de : l’Afrique n’est pas encore entrée dans l’histoire. Quelle inculture ! L’appel à la résistance au côté des FAMA (Forces des armées maliennes.)Protéger le Mali, c’est protéger un peuple frère, protéger une mémoire. C’est refuser la chute d’un pilier de notre identité africaine.Il est crucial d’appeler les dirigeants et les peuples frères à la solidarité active.
Que l’union et la résistance farouche des Maliens trouvent une résonnance dans chaque capitale africaine. Car si le Mali vacille, c’est une part de notre humanité et de notre fierté qui s’effondre. Le Mali est debout. Restons debout avec lui.
Mohamed Yarie Touré, auteur & membre de la diaspora guinéenne.









